Rabat réagit, avec virulence, aux décisions du juge espagnol Pablo Ruz
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- 12 avril 2015 --
- Maroc
Voici quelques jours, le juge espagnol Pablo Ruz avait annoncé avoir fini son enquête pour « génocide » dans le Sahara, lançant un mandat d'arrêt international contre sept inculpés et délivrant des commissions rogatoires pour quatre autres personnes. Au total, 11 responsables marocains qu’il estime être coupables, ou suspectes, d’activités génocidaires. Malaise des deux côtés de Gibraltar et levée de boucliers des réseaux sociaux au Maroc. La réponse de Rabat ne s’est pas fait attendre.
Samedi 11 avril, le ministère des Affaires étrangères marocain a publié un communiqué, affirmant avoir « pris note, avec étonnement, d’une décision judicaire espagnole inédite touchant 11 citoyens marocains », et émettant plusieurs remarques. Le ministère note en effet que les faits remontent à près de quatre décennies et concernent « une période historique très particulière et des circonstances spécifiques liées à des hostilités armées d’une autre époque. Les déterrer aujourd’hui préside surtout d’une instrumentalisation politique ».
L’argument est valable car il ne parle pas de prescription d’actes de toutes les façons imprescriptibles, mais le communiqué indique que ces faits ont été couverts par « le travail de l’Instance Equité et Réconciliation (IER), dont le sérieux et la crédibilité ont été largement reconnus ». la justice doit certes passer mais la justice transitionnelle est aussi une forme de justice universellement reconnue. Il s’agit donc d’une affaire maroco-marocaine, qui a été réglée à l’intérieur des frontières, sans qu’une juridiction étrangère n’ait le droit de s’y intéresser.
Et justement, précise le communiqué, « il est regrettable que certains individus, aux motivations obscures et en quête de gloire personnelle, mettent leurs responsabilités au sein du système judicaire espagnol, au service de manigances ciblant la relation bilatérale maroco-espagnole, qui traverse, aujourd’hui, une de ses phases les plus sereines et les plus prometteuses ». On peut donc, de fait, s’interroger sur les (véritables) intentions du juge Ruz et le ministère ne manque pas de le relever : « Le timing choisi pour ressusciter cette pseudo affaire, à l’approche des échéances onusiennes annuelles relative au dossier du Sahara marocain, renseigne amplement sur les parties, bien connues, qui sont derrières ces manœuvres et dévoilent leur agendas politiques réelles ».
La lecture du texte du ministère des Affaires étrangères renvoie en creux vers la crise que viennent de surmonter Rabat et Paris : « Autant le Maroc est disposé à coopérer pleinement avec les autorités espagnoles pour démontrer le caractère infondé des accusations, autant il réitère son refus de principe de toute poursuite judiciaire contre des citoyens marocains à l’étranger pour des faits supposés avoir été commis sur le territoire national et qui demeurent du ressort de la justice marocaine ».
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