Réconciliation en perspective à l’Istiqlal entre Chabat et Fassi

Réconciliation en perspective à l’Istiqlal entre Chabat et Fassi

Il aura fallu la défaite du parti de l’Istiqlal aux dernières élections générales – malgré les dénégations de sa direction – et la contestation de plus en plus virulente de son secrétaire général Hamid Chabat, jusqu’au sein de son comité exécutif (CE) pour que ce dernier s’ouvre aux courants contestataires istiqlaliens. Un rapprochement a été opéré avec le courant Bila Haouda (intransigeance) et une réconciliation sera scellée en début d’année, vraisemblablement le 11 janvier.

Hamid Chabat a donc ressenti le besoin de réduire ces vents de contestation qui soufflent de toutes parts, et a été vers Abdelwahed el Fassi, fils de son père Allal, ancien challenger malheureux au secrétariat général et chef de file de Bila Haouda. Et ledit Fassi a accepté la démarche. Selon un des ténors du parti, mais qui a soigneusement insisté sur son anonymat, les deux hommes ont compris que leurs intérêts coïncidaient : « Chabat est isolé et est en quête de légitimité, et Fassi a compris que le combat à l’extérieur du temple était une erreur, alors ils ont décidé tous deux de se retrouver à l’intersection de leurs intérêts ». Lesdits intérêts sont pour l’un de se maintenir au SG et pour l’autre d’y accéder un jour…

Cela étant, le docteur Fassi devrait se méfier, et revisionner le passage de Chabat sur medi1TV, quand le Sg de l'Istiqlal avait revendiqué l'utilité de la "manoeuvre" (mounaouara en VO) en politique.

Mais Chabat, désormais en minorité au CE, veut ratisser large. Alors, selon un autre dirigeant du parti, il a fait des appels du pied au ministre Louafa qui, selon lui, serait favorable à sa remise en selle pour une éventuelle élection au SG, quoique ce dernier nous ait déclaré que « telle n’est pas (son) intention… pas à (son) âge ». Et le SG veut aller également rencontrer « le patron », comme l’appellent respectueusement les Istiqlaliens, en l’occurrence l’ancien SG Mhamed Boucetta (1974-1998), qui a déjà reçu voici trois semaines les dirigeants de la Jeunesse istiqlalienne, venus en éclaireurs à son domicile.

Au sein du CE, comme nous le rapportent plusieurs de ses membres, l’ambiance est tendue, étrange… Les uns se méfient des autres et tout le monde attend de voir venir. Un conseil national extraordinaire devrait être organisé dans les premières semaines de 2016 pour sceller la réconciliation générale au sein d’un Istiqlal qui n’a jamais été aussi déchiré, dans la perspective des élections générales de septembre prochain.

A l’Istiqlal, il n’y a plus beaucoup d’idées mais il y a en revanche beaucoup d’ambitions…

AAB

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