La ministre Afailal s’excuse pour son mot malheureux sur la retraite des parlementaires (vidéo)

La ministre Afailal s’excuse pour son mot malheureux sur la retraite des parlementaires (vidéo)

La ministre déléguée chargée de  l’eau Charafat Afailal (PPS) a retiré son propos sur « le parlementaire à deux balles », qu’elle avait exprimé en réponse à une question qui lui avait été posée sur un plateau télé, essayant de mettre un terme à une polémique qui menaçait de grossir et (peut-être, sait-on jamais) de l’emporter. Explications.

Au gouvernement, une polémique en chasse une autre, mais les réactions des ministres sont inégales. Invitée à l’émission « Dayf al Oula » par le journaliste Mohamed Tijini, mardi 15 décembre, et interrogée sur le salaire et la retraite des ministres et des parlementaires,  la ministre PPS Charafait Afailal, avait vivement réagi, qualifiant le sujet de « populiste ». Le journaliste avait attaqué  alors et demandé si c’est « populiste » de s’interroger sur le cas d’un ministre qui l’a été pendant un mois et qui perçoit 39.000 DH à vie ou d’un parlementaire qui a exercé un mandat et qui touche une retraite de 1.000 DH par an de fonction…

Charafat Afailal avait répondu que « le parlementaire cotise à une caisse de retraite pour que, à la fin de son mandat, il garde ses deux balles… deux balles, je dis bien, parce que ce n’est  pas grand-chose, ce qu’il perçoit »…  Elle avait expliqué que pour les ministres, c’était la décision du roi Hassan II et qu’il fallait aller s’adresser à qui de droit pour supprimer leurs retraites… « un ministre, ça travaille beaucoup et péniblement… », avait-elle insisté.

Il n’en avait pas fallu plus pour qu’elle s’attire les foudres de la Toile, certains internautes la traitant de « ministre à deux balles », l’autre la parodiant dans un montage où on voit son effigie sur un billet de dix francs… Et les inévitables attaques, bien évidemment, dont sont friands tous les internautes, ont commencé à fuser et à se généraliser.

Sentant les choses échapper à son contrôle, la ministre a eu aujourd’hui la finesse et surtout l’intelligence d’expliquer son propos sur sa page Facebook, en précisant qu’elle n’avait pas été comprise, qu’elle ne voulait surtout pas offenser les classes populaires, « dont  (elle) fait partie » et que, finalement, « (elle) présente ses excuses si ses mots ont pu blesser certaines personnes ».

La polémique devrait prendre fin. Mais on verra dans les jours qui viennent.

Explication sur les retraites des ministres et parlementaires :

Un parlementaire perçoit une indemnité mensuelle d’environ 30.000 DH et cotise à une caisse de retraite parlementaire. Une fois son mandat achevé, il touche une retraite de 1.000 DH par année passée en tant qu’élu, avec un plafond de 20.000 DH. Cette retraite lui est versée à vie et les élus ont tenté l’année passée de la faire hériter à leurs progénitures mais cela n’était pas passé.

Pour les ministres, c’est différent… Hassan II avait décidé qu’un ministre, après l’âge de 60 ans, devait vivre avec un minimum de 39.000 DH mensuels (49.000 DH pour un ancien Premier ministre). Cette somme ne lui est versée que s’il ne la gagne pas par lui-même. Si tel n’est pas le cas, l’Etat lui complète cette somme. Par exemple, si un ancien ministre touche plus de 39.000 par mois, il n’est pas éligible à cette mesure. Mais si un autre ne gagne que 15.000 DH par mois, l’Etat lui verse 24.000 DH.

Des contrôles stricts sont effectués chaque année par la présidence du gouvernement, documents et déclarations à l’honneur à l’appui. La mesure a le mérite d’être officielle, car en France et en Espagne, par exemple, l’Etat s’arrange pour offrir une fonction fictive à certains ministres en difficultés financières à la fin de leur vie.

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