Les syndicats mobilisent (peu) contre le gouvernement en organisant un sit-in devant le parlement

Les syndicats mobilisent (peu) contre le gouvernement en organisant un sit-in devant le parlement

A quelques mois de la fin de son mandat, le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane est passé en force pour les retraites, ou tente de le faire. Il a introduit son pack de projets de lois sur la réforme de ce secteur dans le circuit législatif après l’avoir fait adopter en Conseil de gouvernement la semaine dernière. Les syndicats, farouchement opposés aux dispositions incluses dans ces projets, ont décidé l’escalade, à commencer par le sit-in d’aujourd’hui devant le parlement.

Les principaux points de cette réforme, on le sait, tiennent dans le relèvement de l’âge de la retraite à 63 ans sur quatre ans, la baisse des pensions au moyen du calcul de la pension sur la base d’une moyenne des derniers salaires, qui ira jusqu’à 8 ans,  et l’augmentation des cotisations de 20 à 28% partagées à égalité entre employeurs et salariés.

Les syndicats préparent donc une grève générale tant dans le public que le privé. Mais ce mardi 12 janvier, ils se sont contentés d’un sit-in à Rabat. Mais ils n’étaient que quelques dizaines, au plus quelques centaines, à battre le pavé et à brandir des pancartes appelant Benkirane à « dégager » pour ne pas avoir voulu entamer un dialogue « constructif » avec les 4 centrales que sont la CDT, l’UMT, la FDT et l’UGTM.

Ce syndicats, même appuyés par ce qui reste du Mouvement du 20 février, en plus de l’AMDH et du PSU de Nabila Mounib, ne semblent pas devoir faire vraiment peur au gouvernement car le taux de syndicalisation au Maroc est de 6% environ, sur une population salariale estimée à 3 millions de personnes. Cela laisse 180.000 personnes environ qui se répartissent sur l’ensemble des syndicats.

Par ailleurs, la réforme des retraites étant nécessaire, incontournable et urgente, les syndicats ne proposent pas d’alternative réelle à la crise qui menacerait si rien n’est  entrepris par le gouvernement pour éviter la faillite des caisses de retraite. Ils refusent la baisse des pensions, « une ligne rouge » pour eux, réclament que les cotisations soient prises en charge aux 2/3 par l’Etat et proposent la création d’une haute autorité de pilotage de cette réforme, avec bilan dans deux ans. Mais dans deux ans, il sera trop tard...

 

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