Les vérités de Benkirane
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- 29 février 2016 --
- Maroc
Le chef du gouvernement recevait chez lui ce dimanche 28 février aux Orangers un groupe de journalistes, sur leur demande. Il a évoqué les questions brûlantes du moment, avec les élections en tête bien évidemment. Verbatim.
La présidence du prochain gouvernement. Abdelilah Benkirane a expliqué à ses visiteurs que son parti l’avait désigné pour diriger le gouvernement qui sera issu des élections du 7 octobre, si le PJD arrive en pole position. « C’est Sa Majesté le roi qui désigne le chef du gouvernement », a-t-il déclaré, mais il a aussi laissé entendre qu’il n’existe pas de débat autour de sa personne pour rester en situation.
Un 3ème mandat comme chef du PJD ? Cela étant, la question de son maintien à la tête du parti n’est pas encore tranchée, a affirmé Benkirane, précisant que « certains dirigeants du PJD militent en faveur du changement des règlements internes, pour permettre un 3ème mandat, mais je n’ai rien demandé ». Il semblerait cependant qu’un congrès pourrait être organisé avant les élections d’octobre et que le mandat de Benkirane serait prolongé d’un an pour lui permettre d’entamer sa campagne électorale en position de force.
Rachid Belmokhtar. Le chef du gouvernement a dit à ses visiteurs que le ministre de l’Education nationale dirige son département en oubliant quelquefois qu’il appartient à un gouvernement et que ce gouvernement a un chef. Pour la question de l’introduction du français en fin de cycle secondaire, Benkirane a révélé que « Belmokhtar est venu se plaindre à moi de la bronca que sa décision a suscitée et je lui ai répondu que ce problème, il l’avait créé tout seul et il était donc logique qu’il en assume seul les conséquences ». Pour les enseignants stagiaires, le chef du gouvernement a expliqué que ce dossier a été abandonné par le ministre de l’Education nationale et que c’est la présidence du gouvernement qui l’a pris en charge pour rencontrer les contestataires.
Le PAM et el Omari. « Ilyas el Omari n’est pas mon ennemi, il est d’abord un citoyen marocain. En revanche, je combats le PAM car c’est un parti qui perturbe et assombrit la scène politique nationale et représente un danger pour la démocratie »… puis, évoquant le conseiller du roi Fouad Ali el Himma, le chef du gouvernement a déclaré que « en 2007, c’était moi qui devait répondre à son attaque contre nous, mais feu Baha et El Othmani avaient refusé et délégué Aziz Rabbah, qui a été plutôt conciliant avec el Himma ».
Mezouar. « Le ministre des Affaires étrangères m’a contacté tout récemment au téléphone pour m’expliquer que son attaque contre le PJD lors du Conseil national du RNI avait été mal interprétée et présentée sous un angle négatif. Il m’a assuré que j’avais mal compris le sens de son propos. Et donc, pour moi, c’est affaire est oubliée ».
Hamid Chabat. « Au lendemain des élections du 4 septembre, Chabat aurait dû mettre un terme à sa carrière politique, mais il a manœuvré et cela lui a permis de rester en place… Il n’est pas logique qu’il s’attaque à moi, il devrait s’en prendre plutôt à ceux qui l’ont incité à quitter le gouvernement alors que nous avions entre nous une entente cordiale ».
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