Le torchon brûle au Conseil de la Ville de Rabat, et le PAM s’en retire

Le torchon brûle au Conseil de la Ville de Rabat, et le PAM s’en retire

Aujourd’hui 29 février se tenait une réunion du Conseil de la Ville de Rabat, lors de laquelle le PAM a adopté une position politique forte. Il a demandé une enquête officielle sur l’état de santé du maire, demande fondée sur des informations précises à ce sujet.

Pour commencer, les élus du PAM ont présenté leurs excuses officielles pour l’incident qui s’est produit le 19 février, quand un élu du PAM avait empêché le secrétaire de la séance de procéder au décompte des voix sur les budgets d’arrondissement. Les excuses du PAM sont d’autant plus importantes, moralement, que ledit secrétaire s’était laissé tomber alors que le conseiller PAM l’empêchait de compter, sans violence.

Mais plus important encore est cette décision du parti d’el Omari de demander une enquête officielle au département de tutelle du Conseil, à savoir l’Intérieur, sur les informations faisant état d’invalidité de Mohamed Sadiki, le maire.

Selon un responsable du PAM, « 92 personnes avaient quitté la Redal en 2012 en produisant des certificats de déficiences diverses. Les directeurs perçoivent aujourd’hui un peu plus de 38.000 DH. Demander une enquête est une action entreprise dans l’intérêt, la sauvegarde et la protection de l’argent public ». Et Mohamed Sadiki fait partie du lot des 92 personnes ayant quitté la Redal cette même année 2012. Le même responsable ajoute que sur l’ordre de virement de la pension du maire vers son compte, le libellé indique la raison, qui est une pathologie mentale.

Pour être plus précis, les informations qui circulent autour de cette pension sont comme suit, selon ce même responsable du PAM : une pension de retraite relative de 38.788,13 DH, dont 9.000 DH pour "incapacité physique" de 60%. Comment le maire réussit-il à diriger une ville comme Rabat avec une telle incapacité, si les documents s'avèrent exacts ? Le ministère de l'Intérieur et Redal devraient publier le dossier de Mohamed Sadiki au plus vite.

Dans l’intervalle, les élus PAM ont décidé de ne plus siéger au Conseil de la Ville, pour mettre la pression sur l’Intérieur afin qu’il diligente l’enquête demandée et qu’il en publie les résultats. On observera pour cette question le mutisme du chef du gouvernement et du PJD Abdelilah Benkirane, en général prompt à monter au créneau pour défendre ses pairs au sein du parti, surtout les responsables ou ceux qui sont en responsabilité.

L’affaire est sérieuse car nous sommes en présence de deux partis, chacun d’eux ayant une responsabilité dans ce qui se passe au Conseil de Rabat : le PAM qui porte des accusations qui, si elles ne sont pas étayées par des preuves, remettraient gravement en question sa crédibilité et son sérieux et le placeraient en position de diffamation, et le PJD qui, sans preuve du contraire, aura présenté à la mairie de la capitale un « déficient mental » ou un escroc qui a avancé l’argument de sa « déficience mentale » pour obtenir une confortable pension de retraite.

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