Benkirane multiplie ses prises de paroles publiques, et électorales…
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- 02 juin 2016 --
- Maroc
A l’approche des élections, les forces en présence affûtent leurs armes et multiplient leurs sorties. Alors qu’Ilyas el Omari, chef du PAM, s’exprime de plus en plus dans des conférences organisées ici et là, le chef du gouvernement, reconduit à la tête du PJD pour un an, multiplie ses sorties, et ses déclarations électorales. Dernière en date, devant les étudiants de l’Institut supérieur d’information et de communication, le 1er juin.
Ainsi, sur la corruption, et prévoyant les attaques de ses adversaires, Benkirane prend les devants : « Nous avons perdu la guerre contre la corruption, type rente. Quand nous avions publié la liste des agréments des carrières de sables, nous avions dû faire face à une puissante levée de boucliers des intéressés. Finalement, nous avons reculé car c’est la corruption qui nous combat et non l’inverse ».
Les éléments de langage commencent à apparaître dans son discours. Deux essentiellement : « Ce sont les corrompus qui nous font la guerre » et la fameuse question de la stabilité du pays, pour alimenter la peur des populations.
S’exprimant toujours sur la corruption, il a employé ce dernier élément de langage pour expliquer que sa célèbre sortie de « Dieu pardonne ce qui est passé » avait été faite pour éviter ce qui s’est produit dans d’autres pays où les gouvernants issus du printemps arabe avaient essayé de lutter contre les vestiges des régimes passés, « avec les résultats que l’on sait ». D’où l’art de masquer les échecs, et de se lancer dans la fuite en avant, sous forme de provocation : « Et si les électeurs ne nous pardonnent pas cela, et bien nous n’aurons aucun mal à nous en aller ».
Puis, le chef du gouvernement s’attelle à expliquer pourquoi il avait renoncé à plusieurs de ses prérogatives en faveur du roi : « Le Maroc a besoin d’institutions fortes, et c’est pour cela que le roi doit avoir des attributions larges et importantes, car c’est le vœu des Marocains. C’est vrai que le parlement et le gouvernement doivent être forts, mais cela prendra du temps et rien ne sert d’aller vite ».
Et comme il n’y a pas de petits profits, comme de petites déclarations, Benkirane évoque les services de sécurité et, parlant de leur directeur, Abdellatif Hammouchi, il affirme que ce dernier mérite les éloges et la considération pour le travail qu’il accomplit. Ce qui est exact, mais sans qu’il n’y ait besoin d’avoir des arrière-pensées politiciennes en le disant.
Devant la Chambre des Conseillers, le chef du gouvernement avait dit le 31 mai que « le chef du gouvernement a des pouvoirs limités »… puis, se ravisant au dernier moment, il avait précisé « des pouvoirs soigneusement encadrés par la loi et la constitution ». Ce qui est évident, sauf que le sens du propos laisse croire que le chef du gouvernement est sous la direction du roi, dans une intention de se justifier pour ses nombreux échecs, comme la lutte contre la corruption.
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