Benkirane : « Le référentiel islamique est le meilleur de l’univers »

Benkirane : « Le référentiel islamique est le meilleur de l’univers »

Le chef du gouvernement s’exprimait devant l’association des avocats du PJD, « avocats pour la justice », et il les a harangués à sa façon coutumière, mêlant humour, références à la religion et messages politiques. Mais l’ancrage religieux du chef du gouvernement est de plus en plus marqué depuis quelques semaines, bien plus qu’il ne l’a été ces dernières années. Elections obligent…

« Le référentiel islamique est la plus belle des choses de l’univers, car il nous guide vers ce qu’il y a de meilleur », dit donc le chef du gouvernement et du PJD, ajoutant que « c’est pour cette raison que nous devons aussi aller vers le meilleur ». Puis, s’dressant aux membres de l’association des avocats et à l’ensemble des membres du parti, comme le précise le site officiel du PJD, l’orateur a exhorté tout le monde à « réfléchir sur ce qu’est et a été la réforme, à partir du référentiel islamique ».

Nous ne débattrons pas là du bien-fondé de cette affirmation, qui peut être discutable en cela que selon les théologiens musulmans les plus prestigieux (comme Ghazali ou Averroès), l’islam politique est sécularisé et doit s’adapter ses contextes et environnement… Mais nous retenons cette phrase exprimée, par le chef du gouvernement, qui sort ainsi de son rôle et s’écarte de sa fonction.

 Abdelilah Benkirane est là pour gérer les affaires du pays, améliorer les grands agrégats économiques, si possible, et réformer au besoin. Sur le plan constitutionnel, le discours religieux  est la fonction du roi Mohammed VI et les références religieuses, bien commun, ne sauraient être instrumentalisées à des fins politiques.

Benkirane, depuis quelques semaines, multiplie les références religieuses, jusques-y compris en Conseil de gouvernement, comme lorsqu’il avait dit le 12 mai dernier que « la faible pluviométrie est un avertissement de Dieu pour que nous fassions une révision de nous-mêmes », ou encore, toujours en Conseil de gouvernement, quand il a dit jeudi dernier qu’ « il aimerait se plaindre à Dieu des agissements de ceux qui s’en sont pris à un ministre, mais je crains de demander cela à Dieu ».

Nous entrons donc dans une ère de populisme électoral(iste)incertain car, lorsque devant les Conseillers, ce 26 mai, il avait pris exemple sur le président Obama et d’autres responsables occidentaux, il ne parlait pas alors de « référentiel religieux comme meilleur de l’univers »…

Commentaires