La CSMD dévoile les grandes lignes de son rapport

La CSMD dévoile les grandes lignes de son rapport

Le président de la Commission spéciale sur le modèle de développement (CSMD), Chakib Benmoussa, a présenté, hier, lors d’une conférence de presse virtuelle, les grandes lignes qui constituent le rapport sur  modèle de développement proposées. A six mois de la fin de son mandat Chakib Benmoussa et cinq membres de la Commission ont apporté des explications sur les contours qui constituent  le modèle de développement.

Selon les représentants de la CSMD, cinq dimensions cinq axes constituent  le cœur de la réflexion pour le nouveau modèle de développement. Il s’agit du sujet de l’économie dans sa relation avec l’emploi et la création de richesse et de valeur ajoutée, comment renforcer le capital humain, la solidarité sociale, la place des jeunes, leur inclusion et leur participation, notamment à l’ère de la numérisation. De même, la dimension territoriale et le facteur confiance dans les institutions ont constitué le cinquième axe pris en compte dans les orientations présentées par la commission lors de cette rencontre.

Faisant le point sur les auditions et rencontres, Chakib Benmoussa a déclaré que la CSMD avait organisé des séances d'écoute et des ateliers qui dépassaient 180, ajoutant que les membres du comité avaient rencontré directement 1 200 personnes lors des réunions et visites sur le terrain que le comité avait tenues. M. Benmoussa a ajouté que le comité avait atteint des contributions écrites directement ou via la plateforme numérique du comité, ou à travers des réunions avec des citoyens et les contributions des étudiants qui ont dépassé plus de 6200 contributions. Le porte-parole a souligné que ce chiffre montre l'étendue de l'intérêt que les Marocains attachent à participer aux travaux du comité, soulignant que la question de la confiance était fortement présente dans les contributions reçues par le comité, que ce soit des citoyens ou des acteurs politiques et institutionnels, des économistes, de l'administration et de la société civile.

Mohammed Fikrat coordonnateur du  volet de l’économie, l’emploi, la création de richesse et de la valeur ajoutée, Mohammed Fikrat, a fait un diagnostic de la situation actuelle en la matière avant de proposer les orientations à emprunter dans le cadre du nouveau modèle. Il a ainsi rappelé qu’il y a un travail fait qui a démarré depuis des décennies de manière visible dans divers domaines. Il a cité les investissements étrangers, l’encouragement des entreprises et de la production, la création des infrastructures (Tanger Med, les autoroutes, TGV, les barrages, la distribution d’eau, la généralisation de la certification…). Il a également cité «les différents plans sectoriels, recensé plus de 50 stratégies, pas toutes dans l’économie, mais dont une grande partie est de nature économique, telles que le Plan Maroc vert, le Plan Halieutis, le Plan d’accélération industrielle… D’un autre côté, le Maroc s’est engagé sur une économie ouverte sur le monde. Aussi, les visites du Roi en Afrique ont donné un coup de pouce tout en insistant sur l’appartenance du Maroc à l’Afrique, ce qui doit être exploité sur le plan économique», a-t-il rappelé. Or, ajoute-il, malgré cela, il y a des efforts à déployer pour corriger les dysfonctionnements qui existent. Selon lui, le taux de développement ne crée pas assez de postes d’emploi et génère des disparités régionales et entre citoyens. «Ce qui ne permet pas de créer des opportunités pour accueillir les jeunes arrivant sur le marché du travail. Aussi, le climat des affaires, malgré les efforts déployés, comporte de nombreuses failles qui n’encouragent pas la concurrence. Il existe des poches de corruption, ce qui empêche le développement de l’économie. Ceci handicape la force concurrentielle nationale par rapport aux pays avec qui le Royaume est en compétition», regrette-t-il.

Pour le président de la CSMD, il y a des revendications qui revenaient souvent aussi dans les différentes propositions. Il s’agit de la demande de justice sociale et territoriale, exprimée à travers l’appel à donner de l’intérêt aux questions sociales et territoriales dans le modèle de développement. Les services publics sont considérés dans ce sens comme ayant subi une nette régression au cours de ces derniers années, notamment en ce qui concerne la santé, l’éducation et le transport. Il y a aussi le sentiment d’un manque d’équité et de marginalisation territoriale. Point qui est en lien avec la logique des droits et le refus de l’assistanat, les citoyens exigeant plutôt de la dignité. Les concepts des libertés publiques et de la participation politique sont également des sujets récurrents soulevés à maintes reprises. De nombreuses parties attirent l’attention sur les dispositions constitutionnelles et appellent à la mise en application de ces droits. De même, le terme gouvernance était fréquent aussi dans les différentes plaidoiries, cité en relation avec la moralisation de la vie publique, la lutte contre la rente, la corruption et les conflits d’intérêt.

Mouhamet Ndiongue

Commentaires