Augmenter le prix de l'eau potable pour réduire la consommation (Benmoussa)
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- 31 mai 2021 - 13:00 --
- Maroc
Le prix de l'eau potable au Maroc doit augmenter pour inciter les consommateurs à minimiser la consommation et ainsi compenser la pénurie d'eau imminente.
La Commission spéciale pour le modèle de développement (CSMD) le conseille dans un rapport détaillé sur la pénurie d'eau imminente au Maroc.
L'organe consultatif a été créé en 2019 par le roi Mohammed VI pour conseiller les décideurs politiques au Maroc dans divers domaines où le citoyen est central.
La pénurie d'eau au Maroc est une menace directe pour l'équilibre économique, environnemental et social du pays, en particulier dans les zones arides et semi-arides, mais aussi dans les régions dont les revenus des habitants sont fortement dépendants des ressources en eau. Le rapport a donc fait de la conservation des ressources en eau l'un des objectifs stratégiques nationaux.
Le comité a fait quatre propositions pour faire face à la menace de pénurie d'eau. Entre autres choses, le rapport appelle à la scission de la société nationale d'électricité et d'eau potable ONEE afin que l'approvisionnement en eau et en électricité puisse être géré séparément.
Le Comité souligne la nécessité de rendre la fourniture des deux services "financièrement indépendante" l'une de l'autre en supprimant la comparaison tarifaire implicite pour l'eau et l'électricité et en rendant l'indication de coût distincte plus transparente.
Le comité indique qu'une révision des tarifs devra avoir lieu pour sensibiliser les consommateurs à la consommation d'eau et réduire la consommation.
L'organe consultatif souhaite également plus de transparence en ce qui concerne les coûts des ressources nationales en eau. L'approvisionnement en eau «gratuite» à partir des barrages et des services d'aqueduc conduit à une faible estimation du coût de l'approvisionnement en eau et à des déséquilibres dans la sélection des investissements alternatifs.
Le comité recommande d'élaborer une meilleure définition reflétant la valeur réelle de l'approvisionnement en eau afin de mieux gérer la rareté en rationalisant l'utilisation.
Le comité recommande également la création d'une agence nationale de gestion de l'eau chargée de la gestion de la politique publique et sectorielle de l'eau. Cette agence devra avoir le mandat de distribuer les ressources en eau. L'agence devra également déterminer les tarifs des infrastructures destinées à l'embouteillage, la production et le transport de l'eau.
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