Elections 2021 : Le PJD survivra t-il aux multiples crises ?
Les élections locales, régionales et parlementaires au Maroc se tiendront le 8 septembre, les islamistes du PJD risquent d’être les plus grands perdants de ces joutes électorales après tant de couleuvres avalées durant ce dernier mandat.
Si les opinions restent très discutées sur celui qui devrait former le prochain gouvernement, plusieurs avis montrent déjà que ce ne sera pas les islamistes du PJD. Mieux, les candidats du PJD peinent à convaincre après une maigre performance à la tête d'un gouvernement de coalition.
Face à des opposants tels que le PAM, l’ Istiqlal et le RNI, le PJD mène une bataille acharnée pour convaincre les électeurs déçus de son projet de gouvernement.
Malgré sa majorité parlementaire, le PJD a été isolé et a agi plus comme un groupe d'opposition que comme un parti qui dirige le gouvernement et devrait être tenu responsable de son incapacité à réduire la pauvreté, à freiner les inégalités et à stimuler la croissance. Mieux, islamistes sont accusés de ne rien faire pour promouvoir la légalité homme femme.
D’autres positions du PJD comme la reprise des relations diplomatiques entre le Maroc et Israël ont été décriées sans compter la campagne de boycott qui a anesthésié le chef du gouvernement avant qu’il ne daigne communiquer sur le sujet.
Même avant le coronavirus, la croissance du Maroc était la plus faible depuis une décennie. De 1999 à 2011, le PIB du Maroc a plus que doublé. Mais depuis 2011, il est resté plus ou moins dans une position statique en raison d'une croissance faible.
Les présages sur la disparition du PJD abondent. Le parti a subi de multiples coups dans un parlement où il détient la majorité des sièges. Elle s'est opposée à la loi de renforcement du français dans le système éducatif, au projet de loi sur la légalisation du cannabis et à la loi électorale.
Les députés du PJD ont souvent été laissés seuls alors que les citoyens se rendaient compte de l'hypocrisie de certains membres du parti. Par exemple, des responsables du PJD se sont opposés au projet de loi visant à promouvoir le français dans le système éducatif et a fait campagne pour l'arabisation de toutes les matières scientifiques. Pendant ce temps, ils ont inscrit leurs enfants dans des lycées du Maroc où le français est la langue d'enseignement.
Le PJD a perdu l'élection des représentants des ouvriers et des employés, son syndicat perd du poids et quitte la ligue des cinq plus grands syndicats du pays.
Le parti islamiste a également perdu les élections dans les chambres professionnelles qui ont été prises par le RNI suivi du PAM, un indicateur que les observateurs considèrent comme un prélude à ce qui se passerait lors des prochaines élections.
Mouhamet Ndiongue
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