Croissance: Le CMC table sur un taux de 7,1% en 2021
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- 14 octobre 2021 - 14:00 --
- Maroc
Dans le cadre de la série « Maroc Perspectives », le Centre Marocain de Conjoncture vient de publier son rapport annuel n° 53 intitulé « 2022 : Relance en perspective », il présente le bilan économique et social relatif à l’année 2020 tout en faisant état des prévisions et cadrage des années 2021 et 2022, dont voici les principaux axes :
Reprise forte et inégalité́ en perspective
Un an et demi après le début de la pandémie, les perspectives d’une reprise mondiale durable continuent de s’améliorer grâce au déploiement progressif des vaccins, à la poursuite de politiques macroéconomiques de soutien, et à l’allégement des restrictions sanitaires. Les rythmes de la reprise demeurent cependant très contrastés, les marchés du travail continuent d’être affectés alors que le commerce mondial se remet vigoureusement.
Après la crise, les anticipations de redressement des marchés
Ces perspectives rassurantes sont néanmoins entourées d’importants risques liés à l’évolution de la pandémie et de l’épargne des ménages et à la situation des pays émergentes et des pays en développement. Les flux des échanges commerciaux ont connu une nette rupture de tendance depuis le début de l’année 2020 sous l’effet de l’épisode épidémique et la propagation foudroyante du coronavirus à travers le monde. Les effets de cette crise majeure et les mesures sanitaires qui l’ont accompagnée ont affecté des pans entiers de l’activité économique et plus particulièrement les secteurs ayant le plus d’impact sur la dynamique de croissance, la génération des revenus et la création d’emploi. On compte au plus fort de la crise des activités essentielles à la vie moderne condamnées, en l’espace de quelques jours, à l’arrêt total ou partiel, relevant de secteurs aussi divers que ceux du tourisme, du commerce, de l’industrie, des transports et même des services publics. Le choc d’offre provoqué par un tel arrêt a eu des répercussions immédiates sur la dynamique de production, de demande mais aussi des flux commerciaux et financiers. Les données cumulées au terme de l’année 2020 aussi bien du côté des importations que des exportations donnent toute la mesure des répercussions de la crise sanitaire sur les performances du commerce extérieur ainsi que sur les équilibres financiers externes. Un début de redressement semble cependant se dessiner depuis le début de l’année qui permettrait, à terme, de retrouver les performances d’avant la crise.
Politique Budgétaire Pour l’Après-Pandémie : Priorité à la consolidation des comptes publics et à la relance
L’orientation de la politique économique s’est focalisée depuis le déclenchement de la crise sanitaire sur les mesures permettant d’en atténuer les effets sur l’activité, les revenus et l’emploi. Le cadre d’intervention relevant proprement du budget s’est limité, compte tenu de la contrainte de ressources, à l’objectif de consolidation des comptes publics face au risque de dérapage des déficits. Les actions de soutien aux entreprises en difficulté, de préservation de l’activité et de sauvegarde de l’emploi devaient, dans ce contexte inédit, être initiées, dans l’urgence, grâce à la mobilisation de fonds de solidarité. Le Fonds spécial de gestion de la pandémie a permis en effet de parer au plus pressé en ce qui concerne les besoins en équipement dans le domaine sanitaire, le déficit de financement des entreprises et l’indemnisation des travailleurs en perte d’emploi. Sur le moyen-long terme, la mise en place du Fonds Mohammed VI d’investissement devait se positionner comme l’un des instruments stratégiques de la politique de relance mobilisant les financements de l’Etat, des entreprises publiques et du secteur privé.
Marché du Travail en Temps de Pandémie : Constat et thérapies de rétablissement à terme
L’onde de choc de la pandémie coronarienne a été ressentie durement tant sur le plan économique, social qu’environnemental. L’ampleur de ses répercussions, à terme sur le marché du travail, sont encore difficilement cernables. Toutefois, la nature de certains bouleversements est, aujourd’hui, perceptible et appelle des suggestions de réponses pour une meilleure adaptation des protagonistes à ce marché et un raffermissement de leur résilience. L’intensité de la première vague a mis à rude épreuve la résistance de l’ensemble des populations, dans leurs différentes composantes universelles, en les contraignant au confinement et en anéantissant leurs marges de manœuvre dans leurs différentes activités quotidiennes. L’impact produit a creusé les inégalités en frappant plus douloureusement la majorité des catégories de travailleurs, basculée brusquement dans la précarité et la détresse psychologique. Le desserrement, alternatif, des mesures sanitaires s’accompagnent, chaque fois, d’espoirs de relance mais les annonces répétées d’arrivées de nouvelles vagues et la multiplication des mutations géographiques du virus, appellent à la mutation, également, du marché travail.
Généralisation de la Protection Sociale : Enjeu de cette décennie
Le Maroc a fait le pari de mettre en œuvre la vision ambitieuse de généralisation de la protection sociale à l’ensemble de sa population, en incluant l’ensemble des actifs indépendants y compris ceux du secteur informel. Un autre chantier qui se fraie un chemin, en pleine effervescence coronarienne, pour planifier progressivement à l’horizon 2025, la garantie de la sérénité des professions libérales, paysans, artisans, commerçants et autres prestataires indépendants. Un défi qui n’est pas, toutefois, sans soulever des appréhensions quant à son implémentation. Les résultats mitigés du Régime d’assistance médicale (RAMED) sont encore là pour rappeler les difficultés de financement, d’encadrement et de gouvernance qui contrecarrent l’ambition d’une entreprise aussi impressionnante. Le débat non encore abouti, autour de la pérennisation financière des caisses de retraite actuelles, fait planer le doute sur la capacité de mobilisation du financement conséquent à lever pour faire face aux besoins de prise en charge du projet. L’intégration du secteur informel est une autre paire de manches qui nécessite, au préalable, des mécanismes de restructuration robustes, sans compter les impératifs d’une vulgarisation pour accompagner une large frange d’individus encore analphabètes.
Secteurs Productifs : Sévères contreperformances pour cause de pandémie
Au cours des deux dernières décennies, le Maroc a réalisé des progrès économiques et sociaux significatifs. Ces avancées ont été obtenues grâce aux efforts importants fournis par les pouvoirs publics en matière d’investissements, de réformes structurelles et de mesures visant à assurer la stabilité macroéconomique. Le choc provoqué par la Covid-19 a poussé brusquement l’économie marocaine dans une grave récession, la première depuis de nombreuses années révélant ainsi la fragilité du secteur productif national dont les résultats sont en forte contraction.
Système Financier en 2021-2022 : Entre impératif de relance et nécessité d’anticiper les risques à venir
Boostée par la reprise de la demande mondiale et une bonne campagne agricole, la croissance se présenterait sous de bons auspices en 2021. Le système financier se doit d’accompagner cette reprise pour permettre au système productif de consolider sa marche vers l’émergence économique, condition sine qua none à toute amélioration du niveau de vie de la population. Pour autant, ce souci de relancer la machine productive ne doit pas négliger les risques macroéconomiques susceptibles de surgir en 2021 et en 2022.
Truster des Avancées dans le Climat des Affaires : La nouvelle politique nationale 2021-2025
Au démarrage de la deuxième partie du plan d’action quadriennale 2018–2021, relatif à l’émancipation de l’environnement des affaires, le gouvernement a entrepris d’intensifier ses efforts pour franchir la ligne d’entrée au club des 50 meilleures économies mondiales, selon le classement Doing business de la Banque mondiale. Les programmes d’action, pour ce faire, envisagent d’aller vers la mise en place des meilleures pratiques entrepreneuriales internationales. Les réformes devant conduire à cet objectif sont, généralement, constituées de la simplification des procédures administratives, de la modernisation en vue de la fluidification de l’agencement législatif et autres initiatives de revalorisation de l’action d’entreprendre. Le Comité national de l’environnement des affaires (CNEA), mis en place en 2010 et chargé de la mise en œuvre de la stratégie ad hoc, s’est vu confier la mission d’assurer, particulièrement, le suivi de la révision du livre V du code du commerce relatif aux difficultés de l’entreprise, la généralisation de la dématérialisation des transferts de propriété et l’instauration du système de création des entreprises par voie électronique…
Notation de l’économie Nationale pour l’Exercice 2020 : Année 2020, annus horribilis : timide reprise pour 2021
A travers le comportement de quelques agrégats, le CMC propose une appréciation de l’économie nationale et de certaines de ses composantes, selon une échelle décroissante à 3 valeurs, à savoir A, B et C. L’objectif est d’aider les décideurs à une meilleure lecture de l’évolution de l’économie nationale pour une meilleure prise de décision. Cette évaluation repose principalement sur les données du tableau de bord, régulièrement publié par le CMC et qui synthétise la situation économique, financière, monétaire, budgétaire, sociale et de gouvernance.
Perspectives économiques 2021 : 2021 : Le relèvement 7,1% de croissance
L’amélioration des conditions sanitaires constatée au milieu du premier semestre après le soubresaut pandémique enregistré en début d’année, la cadence soutenue du déroulement de la campagne de vaccination, l’acheminement vers une immunité collective, l’engouement des opérateurs pour la reprise de l’activité, l’excellente campagne agricole et la forte croissance qui se profile pour l’économie mondiale, ce sont là les déterminants favorables et les principaux facteurs propices qui présagent d’un relèvement appréciable de l’économie nationale en 2021.
Cadrage Macroéconomique 2022 : 2022 : Retour au calme 4,1% de croissance
L’année 2022 va-t-elle inaugurer un nouveau cycle économique après le dénouement de la crise que la planète vient de vivre ? Rien n’est moins sûr. Les grosses vagues de craintes et d’incertitudes engendrées par le Coronavirus devraient, en effet, s’aplanir avec l’avancée des mesures prophylactiques mais le climat de confiance ne se serait pas entièrement rétabli. Le doute et la peur d’un retour de manivelle devraient persister dans les esprits des opérateurs économiques. Ces attitudes compréhensibles et légitimes sont les traces d’une année et demi de traversée du désert caractérisée par une énorme instabilité des situations et un va-et-vient sinusoïdal de la propagation du virus. L’apaisement de cet état de psychose ne peut s’opérer et ramener la sérénité dans les comportements des agents économiques que par une avancée forte et généralisée des campagnes de vaccination dans toutes les régions de la planète.
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