Réforme de l’enseignement supérieur : vers un système innovant et centré sur l’étudiant

Réforme de l’enseignement supérieur : vers un système innovant et centré sur l’étudiant

Les participants à une rencontre organisée, lundi à la Chambre des conseillers, ont plaidé pour une approche globale en matière de réforme de l'enseignement supérieur intégrant les mutations technologiques et stratégiques mondiales, favorisant l'équilibre cognitif et consacrant un écosystème national d'innovation.

Lors de cette rencontre, initiée par la Commission de l'enseignement, des affaires culturelles et sociales pour l'examen du nouveau cadre réglementaire de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique, les différents intervenants ont jugé important de prendre en compte les dispositions de la loi-cadre relative au système d'éducation, de formation et de recherche scientifique dans la réforme du système de l'enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l'innovation.

Prenant la parole, le président de la Commission, Abderrahmane Drissi, a indiqué « cette rencontre vise à approfondir la réflexion autour du projet de loi 59.24 relatif à l'enseignement supérieur et à la recherche scientifique en y associant les différentes parties prenantes, afin d'explorer les perspectives de sa mise en œuvre et de formuler des propositions concrètes pour son amélioration ».

Drissi a souligné « l'importance d'une réforme en profondeur du système universitaire », suggérant de créer des spécialités d'ingénierie et de technologie en phase avec les exigences du développement et les besoins du marché du travail.

Il a également appelé « à lier les universités à l'économie et à la production industrielle, ainsi qu'à peaufiner les compétences des professeurs et à moderniser les structures universitaires de manière à favoriser un enseignement supérieur de qualité ».

À cet égard, il importe « d'orienter les étudiants universitaires vers des filières scientifiques et d'ingénierie, notamment en matière d'intelligence artificielle, de cybersécurité avancée, de robotique intelligente et d'énergies renouvelables », a fait observer Drissi.

De son côté, le ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l'Innovation, Azzedine El Midaoui, a affirmé « que le nouveau projet de loi, actuellement en cours d'examen parlementaire et comportant 113 articles, place l’étudiant au cœur du système universitaire, tout en consacrant l’unité du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, dans le cadre d’un partenariat et d’une complémentarité entre les secteurs public et privé, ainsi que de l’adaptation continue du modèle pédagogique ».

Le ministre a passé en revue les principales nouveautés de ce cadre juridique, notamment « l’institutionnalisation de la planification stratégique à travers l’élaboration d’un schéma directeur, permettant d’accompagner et d’anticiper l’évolution de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique selon les principes de l'égalité territoriale et de l’équité entre les différentes régions ».

Il a ajouté « il s'agit aussi de la mise en place d’une stratégie nationale de la recherche scientifique, technique et de l’innovation, destinée à fixer les priorités nationales et à renforcer la coordination, la cohérence et l’efficacité dans l’exécution des politiques publiques y afférentes ».

Afin de renforcer la gouvernance des universités et des établissements sectoriels, El Midaoui a indiqué « qu’un Conseil des administrateurs a été institué en tant que nouvelle instance chargée d’accompagner et de soutenir l’université, tout en préservant les prérogatives et compétences pleines et entières du Conseil de l’université, avec une révision de sa composition ».

Il a ajouté « que la nomination des présidents d’université et des responsables des établissements universitaires et ministériels sera adossée à des cahiers des charges, ainsi qu’à l’institutionnalisation de la "filière" en tant que structure d’encadrement des activités pédagogiques et scientifiques ».

Côté organisation pédagogique, le ministre a fait état de « l’adoption d’une ingénierie linguistique consacrant la place des deux langues officielles du Royaume, tout en s’ouvrant sur les langues étrangères », mettant en avant « l’institutionnalisation de la formation à distance, de la formation en alternance, de la formation tout au long de la vie, et de la formation initiale dans le cadre d’horaires aménagés au profit des travailleurs des secteurs public et privé, et la définition du cadre juridique du certificat de formation continue à travers l’obligation d’y mentionner "formation continue" ».

Le projet de loi vise, de même, « le renforcement de la digitalisation de l’enseignement supérieur, le développement et l’intégration des technologies de l’information et de la communication dans les formations, l’instauration d’un chapitre spécifique à la recherche scientifique, technique et à l’innovation, la mise en place de mécanismes d’évaluation et d’assurance qualité, ainsi que l’obligation faite aux établissements d’enseignement supérieur et de recherche scientifique de créer une structure chargée de la réalisation régulière d’opérations d’autoévaluation », a-t-il conclu.

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