(Billet 1256) - CAFouillage africain, il faut maintenant passer à autre chose !

(Billet 1256) - CAFouillage africain, il faut maintenant passer à autre chose !

C’est quand même triste et affligeant ce qui arrive au Maroc… Organiser une compétition africaine qui bat tous les records, mobiliser un public accueillant et souriant, assurer une fête sportive à l’échelle de tout un continent, et voir tout cela partir en fumée, c’est en effet triste, navrant et affligeant. Que le Maroc perde sa finale n’est pas si grave en soi, mais la manière dont il a perdu et les sanctions de la CAF sont une double claque pour le royaume.

Et perdre de la manière qu’on sait contre un pays supposément ami, aussi proche du Maroc que le Sénégal, montre bien que le football est plus important que l’histoire. Le premier ministre Ousmane Sonko était sur nos terres en début de semaine et il a eu des propos apaisants, amicaux, convenants, mais un peu convenus, quand on observe la réalité des choses. Et la réalité est que le Sénégal a gâché la fête.

On dira ce qu’on voudra sur l’amitié, la proximité, la complicité, la fraternité… ce qu’on voudra, mais on ne pourra pas oublier ces supporters sénégalais prêts à faire couler le sang, qui ont fait couler le sang, qui ont détruit des installations, qui ont failli envahir le terrain, qui étaient très proches de créer le drame. Et que les officiels sénégalais ne disent rien, c’est plus qu’un scandale, c’est une infâmie, une mortification, un rude rappel à la réalité que les Marocains ont bien voulu oublier : le nationalisme dur. Que le président de la fédération sénégalaise de football nous accable des pires maux et nous accuse des pires turpitudes, sans réaction de son gouvernement, est une blessure pour nous autres Marocains.

Plus graves encore, bien plus graves sont ces attaques contre notre communauté des Marocains du Sénégal, harcelés, attaqués, effrayés, terrorisés. Il faut vraiment être sous-développé pour oublier l’histoire et la sacrifier sur l’autel du foot. Et les dirigeants à Dakar ne disent rien ou bien balbutient des inepties. Les Sénégalais ont de tous temps été en sécurité au Maroc et ça continue ; est-ce encore le cas pour les Marocains établis au Sénégal ? Même pas un mot des gouvernants sénégalais pour les rassurer…

Non, il ne faudra pas oublier ce qui s’est passé à Rabat, lors de cette aussi mémorable que pitoyable finale, sans pour autant prendre ses distances ou, pire, chercher à se venger. Ce n’est pas la nature des Marocains, mais tant que les dirigeants sénégalais n’agissent pas, ne condamnent pas les actes hostiles à l’égard des Marocains, ne condamnent pas l’hystérie de leurs supporters à Rabat ce 18 janvier, nous devons nous rappeler que finalement, cette amitié est une simple amitié, et pas la fraternité que nous pensions. C’est bien regrettable.

Le Maroc a dû faire intervenir ses stadiers (dont plusieurs ont été blessés) pour contenir la sauvagerie (oui, sauvagerie) des supporters sénégalais, et ses joueurs ont su être apaisants lors de cette rencontre, sachant perdre une finale sans perdre leur dignité, mais la Fédération marocaine de football a quand même décidé de porter toute l’affaire devant les instances de la CAF. Et que pensez-vous qu’il arriva ? Ce fut le Maroc qui morfla.

Sanctionner durement des Marocains pour des broutilles, et condamner à une broutille le comportement dur des Sénégalais, on peut résumer ainsi cette sentence de la CAF. L’instance africaine a mis sur le même plan des ramasseurs de balles marocains qui auraient fait une bêtise et des supporters sénégalais qui ont fait couler le sang, voilà toute l’histoire. On peut lire ces décisions comme un encouragement de toute équipe mécontente d’une décision arbitrale de mettre le feu au match, au stade, à son environnement.

Frères africains, fans de foot du continent, la CAF vous autorise désormais à tout casser si vous contestez une décision arbitrale ! Amis continentaux, si vous perdez un match sur le terrain, précipitez-vous dans les vestiaires, la CAF se couchera ! La CAF veut que le monde sache qu’un match de football en Afrique peut se gagner sur le terrain ou dans les vestiaires, il suffit pour cela de crier !

Très bien, si c’est cela la « justice » footballistique africaine, alors tournons-lui le dos. Laissons la Fédération marocaine de football faire son travail et suivre les différents recours, car ainsi est la loi. Quant à nous autres, public marocain, sachons que nous avons réussi notre CAN, que nous avons été quasiment parfaits à tous points de vue, et que nous avons donc rempli notre part du contrat. Et passons à autre chose.

Mais ne faisons pas le jeu de nos adversaires ! Laissons-les CAFouiller et protéger leurs CANailles, et soyons fiers de nous-mêmes et de ce que nous avons fait ! Laissons-les s’embraser, s’enflammer, se déchirer pour le foot sur le terrain, nous, nous construisons des terrains de foot et nous bâtissons un écosystème de foot !...

Fouzi Lekjaâ doit être félicité, porté et supporté par nous autres. Et même s’il a failli dans la communication d’influence orientée vers l’extérieur, ce n’est pas grave, nous apprendrons de nos erreurs. Demander sa tête alors que personne ne peut contester le niveau mondial atteint par notre foot serait une faute, réclamer son départ nous défavoriserait dans les aréopages internationaux. Fouzi Lekjaâ est aujourd’hui l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. N’offrons pas sa tête aux Algériens dont il hante les nuits et les journées.

Soutenons Walid Regragui et cessons de nous prendre pour les sélectionneurs ou les dirigeants que nous ne sommes pas. Cet homme nous a fait rêver, demi-finale mondiale et finale continentale, le Maroc 8ème au classement FIFA, un groupe soudé et cohérent. Ne créons pas, en le limogeant, la zizanie que tous sur le continent attendent.

Sachons être magnanimes envers Brahim Diaz qui a fauté, ou pas (nul ne le saura jamais), mais qui s’est battu comme un lion, dribblant ici, intervenant là, vibrionnant sur le terrain comme si sa vie en dépendait. Il est un immense joueur, et même s’il rate un penalty, même s’il décide de faire une panenka, même si le Maroc perd sa finale, Ssi Brahim reste un grand joueur.

Quant à ceux qui nous ont décriés, ceux qui nous ont enviés, ceux qui nous ont malmenés, ceux qui nous ont attaqués, ceux qui nous ont conspués, ceux qui nous ont condamnés, disons-leur ceci :

Le Maroc a montré à lui-même, à l’Afrique et au monde ce qu’il est capable de faire,

Le Maroc sort grandi de cette épreuve.

Le Maroc gagne des stades, des infrastructures et son expertise d’organisation.

Le Maroc est 8ème mondial et s’apprête à aller affronter le monde en Amérique du Nord, au Mondial.

Le Maroc est fort de son Lekjaâ à la Fédération et de son Regragui en sélectionneur.

Le public marocain est magnifique et attachant.

La CAN est terminée, c’était une simple étape dans notre parcours serein et résolue. Oublions ces continentaux qui veulent rester dans leurs nauséabondes manigances et leur curieux attachement au sous-développement. Regardons vers l’avant et élançons-nous vers l’avenir, et laissons derrière nous ces bassesses. Concentrons-nous que ce qu’il nous reste à faire en interne, pour nos jeunes, pour notre éducation, pour notre système de santé, pour notre rayonnement continental et mondial.

Africain est le Maroc et il le restera, envers et contre ceux qui souhaitent se maintenir là où ils sont.

Aziz Boucetta

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