Les entreprises familiales assurent 65% des emplois au Maroc
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- 05 juin 2026 - 15:00 --
- Maroc
Les entreprises familiales assurent près de 65% des emplois au Maroc, soit environ 6,3 millions de postes, ressort-il de la première étude nationale consacrée au poids économique des entreprises familiales, présentée jeudi à Casablanca, par l’Institut de l’Entreprise Familiale Maroc (IEF-Maroc).
Réalisée avec l’appui de IFC (International Finance Corporation / Société financière internationale), membre du Groupe de la Banque mondiale, cette étude, dont les résultats ont été dévoilés lors d’une conférence organisée à l’occasion de la 3ème Assemblée Générale de l’IEF-Maroc, révèle que les entreprises familiales représentent 92,9% du tissu entrepreneurial national et plus de 60% de la valeur ajoutée produite dans le Royaume.
Parallèlement, ladite étude attire l’attention sur les enjeux de transmission, de gouvernance et de pérennité auxquels sont confrontées ces entreprises. Intervenant à l’ouverture de cette conférence, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, a souligné que les entreprises familiales constituent « la colonne vertébrale du commerce et de l’économie marocaine ».
La capacité de ces entreprises à assurer leur transmission et leur continuité demeure un facteur déterminant pour le renforcement du tissu productif national, a-t-il noté.
Le ministre a salué l’action menée par l’IEF-Maroc en faveur de l’accompagnement des entreprises familiales, appelant les entrepreneurs marocains à renforcer leur présence sur les marchés internationaux, à développer leurs propres marques et à tirer pleinement parti des opportunités offertes par l’innovation et les nouvelles technologies, notamment l’intelligence artificielle.
De son côté, le président de l’IEF-Maroc, Kacem Bennani-Smires, a indiqué que cette étude constitue une première au Maroc après deux années de travail, visant à mesurer de manière scientifique et structurée le poids réel des entreprises familiales dans l’économie nationale.
« L’entreprise familiale n’est pas seulement l’affaire d’une famille, mais celle de toute l’économie et du pays dans son ensemble », a-t-il affirmé, rappelant qu’au-delà des indicateurs économiques, ces entreprises portent des millions d’emplois, préservent des savoir-faire transmis parfois sur plusieurs générations et contribuent de manière essentielle à la création de valeur et de richesse nationale.
Bennani-Smires a également mis en exergue le défi majeur que constitue la transmission intergénérationnelle, précisant que seules 15% des entreprises familiales parviennent à atteindre la troisième génération.
Selon lui, l’échec de cette étape critique dépasse largement le cadre familial, puisqu’il se traduit souvent par la disparition d’emplois, la perte de compétences stratégiques et l’érosion de savoir-faire patiemment accumulés au fil des décennies, avec des répercussions directes sur l’économie nationale.
Pour sa part, Cheick-Oumar Sylla, directeur régional de IFC pour l’Afrique du Nord et la Corne de l’Afrique, a fait savoir que les résultats de cette étude viennent confirmer, à travers des données objectives, une réalité longtemps connue de manière intuitive par les acteurs économiques marocains.
Ces résultats, a-t-il soutenu, renforcent la pertinence des actions menées par la Banque Mondiale et IFC en faveur du développement du secteur privé, de l’entrepreneuriat et de la création d’emplois.
D’après l’étude, les entreprises familiales contribuent à hauteur de 60,5% de la valeur ajoutée nationale, ce qui en fait l’un des principaux moteurs de création de richesse du Royaume. Elles représentent également 92,9% du tissu entrepreneurial marocain et près des deux tiers de l’emploi national, soit environ 6,3 millions de postes.
L’étude révèle, en outre, que près de trois entreprises familiales sur quatre sont des très petites, petites ou moyennes entreprises, confirmant leur rôle essentiel dans l’animation de l’économie locale, le développement territorial et la création d’emplois. Elle souligne leur forte intensité en capital humain ainsi que leur capacité à générer une valeur durable grâce à une vision de long terme.
Sur le plan générationnel, l’âge moyen des entreprises familiales marocaines s’établit à 24,2 ans. Près de 31% d’entre elles sont dirigées par la deuxième génération, tandis que seulement 5% ont dépassé le seuil des cinquante années d’existence et atteint la troisième génération ou davantage.
Ces entreprises familiales pérennes affichent toutefois des niveaux de performance supérieurs à ceux des entreprises non familiales, grâce notamment à des mécanismes de gouvernance mieux structurés et à une préparation plus efficace de la relève.
L’étude identifie enfin plusieurs leviers prioritaires pour renforcer la durabilité de ce modèle entrepreneurial, notamment l’accompagnement de la transmission intergénérationnelle, le développement des dispositifs de préparation des successeurs, l’amélioration de l’accès au financement des PME familiales, la promotion des bonnes pratiques de gouvernance ainsi que le soutien à la croissance et à la transformation des entreprises familiales marocaines.
Pour l’IEF-Maroc, cette publication marque le début d’un chantier plus vaste visant à approfondir la connaissance de ce segment stratégique et à renforcer sa prise en compte dans les politiques publiques et les stratégies de développement du Royaume.
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