Genève: Sekkouri appelle à encadrer l’IA par le dialogue social et la décision politique
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- 09 juin 2026 - 09:30 --
- Maroc
Le ministre de l'Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l'Emploi et des Compétences, Younes Sekkouri, a appelé, lundi à Genève, à placer le débat sur l'intelligence artificielle (IA) sous un angle résolument politique, estimant que "ce qui manque, ce n’est pas ce que l’IA va apporter mais ce que les responsables politiques feront pour encadrer son impact", notamment à travers le dialogue social.
Dans son intervention lors du débat général de la 114e session de la Conférence internationale du Travail (CIT), M. Sekkouri a salué le rapport du directeur général de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) sur l’avenir du travail, soulignant qu’à l’heure où "le monde entier vit déjà avec l’IA", la véritable ligne de fracture ne se situe pas entre progrès et déclin, mais dans la capacité des sociétés à organiser un cadre collectif de décision.
Critiquant l’opposition entre "déclinistes", qui redoutent "le pire avenir pour l’humanité", et "accélérationnistes", qui promeuvent le progrès "en oubliant parfois que la technologie peut nuire aux sociétés", il a appelé à "sortir ce débat du corridor étroit de la technologie pour le déplacer vers la politique".
Selon lui, l’IA illustre un "piège technologique" inédit, car contrairement à des innovations passées, elle suscite immédiatement la crainte de "destruction d’emplois", rendant le débat "très difficile".
Dans ce contexte, le ministre a insisté sur le rôle clé du dialogue social, estimant qu’il permet de "réduire les écarts, atténuer les risques et faire décider ensemble". À défaut, lorsqu’il n’existe pas de dialogue social, a-t-il averti "l’IA ne peut pas devenir une priorité", notamment dans des environnements où les questions fondamentales comme les salaires ou les conditions de travail ne sont pas réglées.
Le ministre a assuré que "l’IA est importante, mais les humains le sont davantage", appelant à consolider les bases solides que constituent la confiance et le dialogue démocratique.
Il a saisi l’occasion pour appeler à plus de transparence et à une discussion internationale incluant les acteurs majeurs de l’IA, qu’elle soit "générative, agentique ou demain robotique", afin de garantir que son développement serve avant tout les sociétés.
Par ailleurs, M. Sekkouri a passé en revue les réalisations du gouvernement dans le domaine social, notant qu’un dialogue social national "ambitieux" a été lancé ces dernières années, mobilisant 50 milliards de dirhams et permettant d’augmenter les salaires de "plus de 4,25 millions de Marocains".
Ce processus a également permis de traiter des dossiers structurants, du salaire minimum aux crises dans des secteurs clés comme l’éducation et la santé, contribuant à instaurer "un minimum de confiance" entre gouvernement, employeurs et syndicats, a-t-il dit.
"Nous ne sommes pas d’accord sur tout, mais la démocratie triomphe parce qu’il y a débat", a-t-il affirmé, soulignant que ce cadre a permis de résoudre des mouvements sociaux majeurs en quelques semaines.
Le Maroc est représenté à cette 114ème session de l'OIT (1-12 juin) par une forte délégation tripartite, conduite par M. Sekkouri et comprenant des représentants du gouvernement, des employés et des employeurs, en plus de la Mission permanente du Maroc à Genève.
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