Brésil-pays arabes : vers un partenariat économique stratégique de nouvelle génération
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- 26 août 2026 - 09:00 --
- Maroc
Le Brésil et les pays arabes entendent donner un nouvel élan à leur partenariat économique, en misant sur des secteurs stratégiques comme la sécurité alimentaire, l’énergie, la logistique et l’économie numérique, dans un contexte de fortes mutations de l’économie mondiale.
Cette ambition est au cœur du 5e Forum économique Brésil-Pays arabes, organisé mardi à Sao Paulo par la Chambre de commerce arabo-brésilienne, avec la participation de responsables brésiliens et de représentants des 22 pays membres de la Ligue arabe, autour d’une réflexion sur un « nouvel agenda » pour les relations économiques entre les deux parties.
Les échanges commerciaux entre le Brésil et les pays arabes ont atteint 31,3 milliards de dollars en 2025, selon les données présentées lors du forum. Les pays arabes constituent le troisième débouché des exportations brésiliennes, derrière les Etats-Unis et la Chine, principalement composées de produits agricoles et de minerais. En retour, le Brésil importe notamment du pétrole, des engrais et des produits pétrochimiques de la région.
Intervenant au nom du Conseil des ambassadeurs arabes, l’ambassadeur du Maroc au Brésil et doyen du corps diplomatique arabe à Brasilia, Nabil Adghoghi, a souligné la nécessité d’élever les relations arabo-brésiliennes vers un partenariat stratégique de « nouvelle génération », plus intégré, diversifié, durable et ambitieux, en tirant parti des mutations de l’économie mondiale. Il a relevé que les transformations économiques que connaissent les pays arabes, notamment dans les énergies renouvelables, l’économie verte, les industries bas carbone, la logistique et le numérique, conjuguées aux atouts du Brésil dans l’agriculture, les énergies propres et l’économie numérique, offrent une « occasion historique » de renforcer la coopération Sud-Sud.
Dans cette perspective, il a identifié cinq priorités : renforcer la connectivité logistique à travers des liaisons maritimes directes entre le Brésil et les pays arabes, consolider le cadre juridique des investissements, sécuriser les chaînes d’approvisionnement alimentaires, numériser les opérations d’import-export et développer les partenariats dans la recherche scientifique et la formation des compétences. L’ambassadeur a notamment insisté sur la complémentarité entre le Brésil, puissance agricole mondiale, et les pays arabes, fournisseurs d’engrais essentiels à la production brésilienne, ainsi que sur les possibilités de coopération dans l’intelligence artificielle, l’agriculture, l’industrie et les services financiers.
Dans un message vidéo adressé au forum, le ministre brésilien des Affaires étrangères, Mauro Vieira, a pour sa part appelé à faire de la sécurité alimentaire un axe majeur du partenariat, plaidant pour un « pacte de prévisibilité » garantissant à la fois l’approvisionnement du Brésil en engrais et celui des pays arabes en produits alimentaires brésiliens. Il a également mis en avant les perspectives de coopération dans la transition énergétique et les minerais critiques, ainsi que le développement de nouvelles liaisons maritimes et de corridors multimodaux reliant l’Amérique latine au monde arabe, à l’Afrique et à l’Asie.
Le secrétaire général de la Ligue des Etats arabes, Nabil Fahmy, également intervenu par message vidéo, a estimé que les échanges actuels devaient constituer le point de départ d’une relation économique plus profonde, fondée davantage sur les investissements conjoints, le transfert de technologies et l’intégration des chaînes de valeur. Il a appelé à élargir la base commerciale, à accroître les investissements réciproques et à renforcer la participation des petites et moyennes entreprises, afin de rendre le partenariat plus résilient face aux transformations de l’économie mondiale.
Le forum est ponctué tout au long de la journée par des rencontres d’affaires entre entreprises brésiliennes et importateurs arabes, ainsi que par plusieurs panels consacrés à l’énergie et aux opportunités industrielles, à la sécurité alimentaire et aux engrais, au commerce et à la logistique, ainsi qu’à l’économie numérique et à l’intelligence artificielle.
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