Ali Alaoui : de l’expertise bancaire à l’action politique

Ali Alaoui : de l’expertise bancaire à l’action politique

À l’approche des prochaines élections législatives, de nouveaux profils issus du monde professionnel choisissent de franchir le pas de la politique, avec l’ambition de mettre leur expérience au service de projets concrets. C’est le cas de Sidi Ali Alaoui, candidat du Mouvement Démocratique et Social (MDS) dans la circonscription d’Anfa à Casablanca, fort de plus de 19 années d’expérience dans le secteur bancaire.

Dans cet entretien, il revient sur les raisons de son engagement politique, sa vision de la réforme de l’éducation et du rapprochement entre formation et marché de l’emploi, ainsi que sur les priorités qu’il identifie pour Casablanca. Il livre également sa lecture des enjeux liés au financement des PME, à l’investissement et au rôle du Parlement dans la transformation de la croissance économique en emplois et en amélioration concrète des conditions de vie.

1 — Après 19 ans dans le secteur bancaire, pourquoi avez-vous choisi de vous engager en politique, et pourquoi le MDS ?

Mon engagement au sein du Mouvement Démocratique et Social n’est pas le fruit d’une décision circonstancielle. Il découle d’une conviction : la politique doit avant tout être au service du citoyen et à l’écoute de ses attentes, loin des surenchères et des slogans.

Le projet du parti rejoint largement mes convictions, notamment sur la nécessité de bâtir une économie solide, capable de créer des emplois, une école publique garantissant l’égalité des chances, une formation davantage en phase avec les besoins du marché du travail, une santé accessible et proche des citoyens, ainsi qu’une administration publique plus efficace.

Je suis également convaincu que la politique doit renouer avec la confiance des citoyens. La responsabilité d’un élu ne s’arrête pas au terme de la campagne électorale ; elle commence véritablement une fois la confiance des électeurs acquise. C’est dans cette approche, plaçant le citoyen, le développement et la justice sociale au cœur de l’action politique, que je me reconnais, avec la nécessité de revaloriser l’éthique politique et de redonner tout son sens à l’engagement partisan.

2 — Diplômé de l’ENCG de Tanger et fort de votre expérience bancaire, quelle réforme de l’éducation préconisez-vous pour mieux répondre aux besoins du marché du travail ?

La réforme de l’éducation doit, à mon sens, partir d’un constat simple : l’école, l’université et la formation professionnelle ne peuvent évoluer en vase clos, indépendamment des réalités économiques et sociales.

Ma formation à l’École Nationale de Commerce et de Gestion, puis mes plus de 19 années d’expérience dans le secteur bancaire, m’ont permis de mesurer le décalage qui peut parfois exister entre le diplôme obtenu et les compétences réellement recherchées par les entreprises.

Nous avons besoin d’un système de formation qui ne délivre pas uniquement des diplômes, mais qui permette aux jeunes d’acquérir de véritables compétences et une capacité à s’intégrer durablement dans le monde professionnel. Cela passe notamment par le renforcement de la formation professionnelle, le développement des stages pratiques et une implication plus importante des entreprises dans l’identification des compétences et des spécialités dont elles ont besoin.

Il faut également accorder davantage de place à la formation continue et à l’apprentissage tout au long de la vie, car le marché du travail évolue constamment et les compétences recherchées aujourd’hui ne seront pas nécessairement les mêmes demain.

Je considère aussi qu’il faut offrir une seconde chance à ceux qui ont quitté prématurément l’école ou la formation, afin qu’un décrochage scolaire ou professionnel à un moment donné ne se transforme pas en exclusion durable du marché du travail.

3 — La santé et l’emploi sont au cœur des préoccupations des Marocains. Quelles seraient vos priorités dans ces deux secteurs si vous étiez élu ?

Pour moi, la priorité est de faire en sorte que le citoyen puisse constater concrètement que les politiques publiques répondent à ses besoins quotidiens.

Dans le domaine de la santé, nous devons renforcer la proximité et la qualité des services et réduire les inégalités d’accès aux soins, notamment entre les différentes régions et catégories sociales.

En matière d’emploi, nous ne pouvons pas nous contenter d’une approche fondée sur la création d’emplois temporaires. Il faut construire une économie capable de générer des emplois durables.

L’emploi est directement lié à l’éducation, à la formation et à l’investissement. Lorsque la formation répond aux besoins de l’économie, que l’entreprise évolue dans un environnement favorable à l’investissement et que les secteurs porteurs sont encouragés, nous renforçons la capacité de l’économie à créer de véritables opportunités professionnelles, notamment pour les jeunes.

4 — Vous conduisez la liste du MDS à Anfa. Quelles sont vos principales priorités pour les habitants de Casablanca ?

Casablanca n’a pas besoin de davantage de promesses, mais de solutions concrètes, intégrées et d’une gestion qui place le citoyen au cœur des priorités.

Pour moi, l’une des premières priorités concerne l’amélioration de la mobilité et des transports, la résolution des problèmes liés au stationnement et à la circulation, l’amélioration de la propreté et de l’espace public, le développement des espaces verts ainsi que le rapprochement des services de santé et des services administratifs des habitants.

En matière de transport, il ne suffit pas de traiter un seul aspect du problème. Il faut une approche globale intégrant les transports publics, la circulation automobile, les parkings et les déplacements des piétons.

La digitalisation et la simplification des procédures peuvent également réduire considérablement les contraintes auxquelles les citoyens sont confrontés dans leurs démarches administratives. Il n’est plus logique de demander à un citoyen de fournir les mêmes documents à plusieurs administrations alors que l’échange numérique des données est aujourd’hui possible.

J’accorderai également une attention particulière à l’économie locale et aux petites entreprises, qui constituent une composante essentielle du tissu économique de la ville et une source importante de création d’emplois.

Mais le plus important, à mes yeux, est de ne pas décider des besoins des citoyens depuis les bureaux. Il faut rester proche des habitants de la circonscription, les écouter, définir avec eux les priorités et transformer leurs attentes en propositions concrètes, mesurables, suivies et évaluables.

5 — Fort de votre expérience bancaire, comment faciliter l’accès des PME au financement et faire de l’investissement un véritable levier de création d’emplois ?

Mon expérience dans le secteur bancaire m’a permis de constater que l’une des principales difficultés rencontrées par les petites et moyennes entreprises ne réside pas toujours dans l’absence d’idées ou de volonté d’investir. Elle tient aussi, parfois, à l’accès au financement et aux marchés, à la complexité des procédures ou encore au coût de l’investissement.

Nous avons donc besoin d’un environnement économique plus simple et plus lisible, permettant à l’entrepreneur de se concentrer sur la production, la création de valeur et l’emploi, plutôt que de consacrer une part importante de son temps aux démarches administratives.

Parmi nos priorités figurent ainsi l’amélioration de l’accès des PME au financement et aux marchés, la simplification des procédures et la réduction des délais liés à l’investissement, tout en orientant les mécanismes d’incitation vers les investissements générateurs de valeur ajoutée et d’emplois réels.

Nous devons également miser sur les secteurs d’avenir, notamment l’économie numérique, les services exportables et les énergies renouvelables, qui disposent d’un potentiel important pour améliorer la productivité et renforcer la compétitivité de l’économie nationale.

Le rôle du Parlement ne se limite pas à légiférer. Il consiste également à contrôler l’action publique et à veiller à ce que les programmes destinés aux entreprises et à l’investissement bénéficient effectivement aux porteurs de projets, en particulier aux jeunes et aux PME.

Au final, une économie forte ne devrait pas être évaluée uniquement à l’aune de son taux de croissance, mais à sa capacité à transformer cette croissance en emplois, en dignité et en stabilité sociale.

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