ONU : des pétitionnaires alertent sur l’enrôlement des enfants dans les camps de Tindouf
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- 08 octobre 2026 - 10:00 --
- Maroc
Plusieurs pétitionnaires ont dénoncé, mercredi au siège des Nations Unies à New York, l’enrôlement et l’embrigadement des enfants dans les camps de Tindouf, contrôlés par les milices du "polisario", tout en tirant la sonnette d’alarme sur l'absence de perspectives pour les jeunes dans ces camps et les risques d’exploitation et de radicalisation qui en découlent.
Intervenant devant la 4e Commission de l’Assemblée générale de l’ONU, Sherry Erb, de l’organisation Oasis Ministries, a rappelé que la question du recrutement et de la militarisation des enfants dans les camps de Tindouf a été soulevée à plusieurs reprises au sein des instances onusiennes et par des ONG internationales.
Elle a cité, dans ce cadre, une enquête du Washington Post publiée en avril 2025, qui a révélé que des "centaines d'éléments du polisario et d'enfants soldats avaient été capturés par les nouvelles autorités syriennes suite à l'effondrement du régime de Bachar Al Assad".
Plusieurs parmi les individus appréhendés sont venus des camps de Tindouf, a-t-elle fait observer, soulignant que cela démontre "comment des décennies de radicalisation ont engendré une instabilité considérable".
À cet égard, l’oratrice a cité le cas d'Adnan Abou Walid al-Sahraoui, un ancien enfant soldat embrigadé dans les camps de Tindouf, "devenu chef du groupe terroriste Etat islamique dans le Grand Sahara".
Son parcours, "passant du statut de jeune endoctriné à celui de chef terroriste, illustre les conséquences dangereuses de la militarisation des enfants", a déploré la pétitionnaire.
Mme Erb a également attiré l’attention de la Commission sur la détérioration des conditions de vie dans les camps, aggravée par l’insécurité, la criminalité et l’absence d’opportunités économiques, une situation qui affecte particulièrement les jeunes générations.
Pour sa part, Joyce Flynn, de l’organisation Safety and Security Instructional Services, a souligné que les enfants sahraouis grandissent depuis plusieurs décennies dans un environnement marqué par l’isolement, les restrictions de mouvement et l’incertitude quant à leur avenir.
S’appuyant sur des analyses d’organisations humanitaires indépendantes, la pétitionnaire a relevé que le système éducatif dans les camps souffre de multiples carences, accentuant l’absence de perspectives éducatives et professionnelles et compromettant les chances d’épanouissement des nouvelles générations.
Et la pétitionnaire de souligner que la stabilité, l’épanouissement et les conditions nécessaires à un enseignement de qualité ne peuvent exister sous le joug du groupe armé du "polisario".
De son côté, Nancy Huff, de l’organisation Teach the Children International, a évoqué les préoccupations exprimées à de nombreuses reprises concernant l’endoctrinement idéologique des jeunes dans les camps de Tindouf, rappelant des témoignages faisant état de transferts d’enfants à l’étranger et de formations à caractère militaire.
Faisant remarquer que la vie dans ces camps est rythmée par un "contrôle idéologique strict", Mme Huff a souligné que "des familles sahraouies racontent le récit d’enfants enlevés à leurs foyers et envoyés à Cuba pour recevoir une +éducation+, qui consiste, en réalité, à travailler dans les champs, aller à l’école et suivre une formation militaire, y compris sur le maniement des explosifs".
À l’intérieur des camps, a-t-elle poursuivi, "la dissidence est punie et des générations d’enfants ont été endoctrinées à une rhétorique anti-marocaine violente".
La pétitionnaire a également souligné que l’absence d’un recensement complet des populations des camps de Tindouf continue d’entraver les efforts de planification et d’assistance humanitaires, aggravant la vulnérabilité des jeunes et limitant leurs perspectives de développement.
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