Enseignement au temps de Covid: INE-CSEFRS propose son diagnotic

Enseignement au temps de Covid: INE-CSEFRS propose son diagnotic

L’Instance Nationale d’Évaluation auprès du Conseil Supérieur de l’Éducation, de la Formation et de la Recherche Scientifique (INE-CSEFRS), a organisé, le mercredi 29 septembre 2021, en partenariat avec l’UNICEF, un atelier à distance durant lequel l’étude « enseignement au temps de Covid » a été présentée et partagée avec les différents acteurs de l’éducation. L’objectif étant d’identifier les pratiques, les opportunités et les défis au niveau pédagogique pendant la pandémie.
Cette étude intervient dans un moment particulier, où le Maroc, à l’instar de beaucoup de pays, a opté pour l’enseignement à distance comme mesure d’atténuation des pertes en temps scolaire et de maintien des services d’éducation. Cette expérience inédite a été riche en enseignements. Car outre l’importante mobilisation enregistrée des enseignants en dépit des nombreuses problématiques du système éducatif national, plusieurs autres aspects ont également été relevés.
Face à la pandémie de Covid-19 et suite aux mesures restrictives imposées par les gouvernements pour en limiter la propagation, le quotidien de tous a été perturbé, l’économie bouleversée et les aspects d’organisation sociétale radicalement changés. L’enseignement, à son tour, a également connu des perturbations.
Les résultats de cette évaluation mettent en avant le vécu de l’expérience des enseignants et des élèves, d’une éducation livrée sous forme d’enseignement à distance.
Ces résultats offrent un constat sur l’ « enseignement au temps de Covid », mais également sur les perspectives d’avenir de l’enseignement à distance au Maroc ainsi que les exigences de la relance post pandémie pour réussir non seulement la transition numérique mais essentiellement la réforme de l’éducation.

Quelques résultats

• Des enseignants engagés mais dépourvus de moyens

Les enseignants ont largement démontré leur implication pour assurer la continuité pédagogique, puisque 82.6% ont pratiqué l’enseignement à distance pendant le confinement, en recourant à leur matériel personnel.
• Une plateforme consacrée, mais peu utilisée

Seuls 21,3% des enseignants déclarent avoir effectivement utilisée la plateforme Telmid-Tice développée par le Ministère de l’Éducation Nationale.
L’outil largement usité, par les enseignants et les élèves, pour assurer la continuité pédagogique à distance était WhatsApp (70.4%).
• Des enseignants peu préparés, tant en matière d’appropriation du numérique que d’équipements

13,5% des enseignants enquêtés ne maîtrisent pas les TIC, 67,1% ont un niveau moyen, et seuls 19,4% ont un niveau très élevé ou élevé.
• Une expérience de l’enseignement à distance mitigée

Seuls 35,4% des enseignants sont satisfaits de leur expérience de l’enseignement à distance, alors que 62% ne sont pas satisfaits voire pas du tout.
• Des élèves inégaux face à l’enseignement au temps de Covid-19

Les enfants des familles à revenu faible ont dû faire face à des conditions d’apprentissage difficiles. Souffrant d’abord du manque de moyens ou de l’indisponibilité des équipements pour suivre les cours, ces élèves rapportent également d’autres contraintes liées, par exemple, à l’exiguïté du logement, au surpeuplement ou encore à un entourage familial peu encourageant. Les filles, plus particulièrement, ont été davantage sollicitées pour les tâches ménagères au détriment de leur scolarité.
Si les disparités ont existé avant la période pandémique entre les milieux et les couches sociales, l’enseignement à distance les a exacerbées et a fait apparaître l’exclusion des élèves du milieu rural et des familles défavorisées.
• Une appréciation des apprentissages partagée

36% des enseignants estiment que l’enseignement à distance a eu un effet négatif sur les apprentissages. 27,5% affirment, au contraire, qu’il a eu un impact positif, alors que 13,5% considèrent qu’il n’impacte nullement les apprentissages des élèves. Le reste ne sait pas.
Un peu plus de la moitié des enseignants interrogés (52%), qui ont assuré l’enseignement à distance, estime que la présence de leurs élèves aux cours à distance a été faible à très faible.
Le niveau de présence des élèves aux cours à distance dans le milieu rural est plus faible en comparaison avec ceux scolarisés dans le milieu urbain (61,8% des enseignants exerçant dans le milieu rural ont déclaré que la présence de leurs élèves était faible à très faible, contre 44,8% chez les enseignants du milieu urbain).

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