Le CSEFRS se penche sur la restructuration de la carte universitaire publique
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- 12 mai 2026 - 17:00 --
- Maroc
Le Conseil Supérieur de l’Éducation, de la Formation et de la Recherche Scientifique (CSEFRS) a tenu, mardi à Rabat, une session extraordinaire de son Assemblée Générale, consacrée à l’examen du projet d’avis consultatif émis par le Conseil à propos de la restructuration de la carte universitaire publique marocaine.
L’élaboration de ce projet d’avis intervient dans le cadre de la saisine adressée au Conseil par le Chef du gouvernement relative à cette question, et conformément aux dispositions de l’article 2 de la loi inhérente au Conseil.
Dans une allocution à l’ouverture des travaux de cette session, la présidente du CSEFRS, Rahma Bourqia a fait savoir qu’une commission ad hoc s’est mobilisée pour préparer cet avis dans le respect des délais légaux, témoignant de l’engagement du Conseil pour la promotion de l’enseignement supérieur.
Le fait de consacrer la présente session aux délibérations relatives au projet d’avis du Conseil sur la carte universitaire constitue une occasion propice pour explorer tout ce qui est considéré comme indispensable et essentiel à la promotion de l’université marocaine, en vue de la territorialiser régionalement avec rationalité et en tenant compte de plusieurs facteurs, a-t-elle affirmé.
Il s’agit, a-t-elle précisé d’une part, de la future croissance démographique dans chacune des régions, de ses besoins économiques et des exigences de la consolidation de la gouvernance et de la bonne gestion et de la mise à niveau des divers services ainsi que de la mobilisation des ressources nécessaires ; et d’autre part, de la nécessité d’adopter une approche prospective de l’évolution des diverses spécialités pour consacrer les missions de l’université tant actuelles que dans le futur.
A cet égard, Mme Bourqia a plaidé pour que l’université devienne un espace d’expérimentation des théories pédagogiques au profit de l’ensemble du système éducatif et un laboratoire d’innovation capable de diffuser des savoirs rigoureux, particulièrement face à la prolifération des contenus trompeurs générés par l’IA et des fake news.
Elle a, en outre, insisté sur la nécessité de doter les étudiants de compétences transversales telles que la créativité, l’adaptation et le travail collaboratif.
“L’enseignement supérieur ne se limite plus à la transmission et à la diffusion des savoirs. Il est désormais appelé à contribuer à la formation de citoyens responsables, capables de comprendre le monde dans lequel ils évoluent, d’en interroger les dynamiques avec pertinence, de participer à la construction de leur propre avenir”, a-t-elle soutenu.
En effet, l’enseignement vit actuellement de profondes mutations tant en matière d’approches pédagogiques que de modalités de production des savoirs, a-t-elle fait remarquer, notant que le système éducatif vit à une époque où la transmission des savoirs n’est plus la mission prépondérante de l’enseignement.
L’intérêt est désormais davantage focalisé sur la construction des capacités de réflexion chez les étudiants afin de se doter des compétences qui permettent de questionner les savoirs désormais disponibles, a relevé Mme Bourqia, précisant que l’objectif consiste, par conséquent, à aiguiser ces capacités pour pouvoir en tirer profit.
Pour sa part, le Secrétaire Général du Conseil, Fouad Chafiki, a souligné que le nouveau projet de carte universitaire s’inscrit en droite ligne des dispositions de la loi-cadre 51-17, notamment en matière de restructuration globale de l’ensemble des établissements et des formations post-baccalauréat, la refonte du système pédagogique de l’enseignement supérieur pour répondre aux enjeux actuels, ainsi que l’optimisation des réseaux de l’enseignement supérieur à travers une approche de planification territoriale.
M. Chafiki a également indiqué que cette carte prospective prévoit une extension significative de l’offre universitaire nationale, puisqu’elle repose sur l’augmentation du nombre d’universités et la création de nouveaux établissements de proximité au cours des cinq prochaines années, afin de renforcer l’accès et la qualité de la formation à travers les différentes régions du Royaume.
La commission ad hoc, composée de treize membres, dont la majorité font partie du Bureau du Conseil, s’est attelée à l’élaboration du projet d’avis, à travers des réunions et des travaux soutenus, menés conformément aux exigences de la méthodologie d’urgence induite par ce cas de figure.
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