FMI : les chocs géopolitiques ouvrent une opportunité de transformation pour la région MENA
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- 29 juin 2026 - 17:00 --
- Maroc
Les chocs géopolitiques et économiques auxquels est confrontée la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) offrent une opportunité de repenser les modèles de croissance, de renforcer la résilience des économies et d’accélérer leur transformation structurelle, a affirmé, lundi à Rabat, le directeur du département Moyen-Orient et Asie centrale du Fonds monétaire international (FMI), Jihad Azour.
S’exprimant à l’ouverture de la deuxième conférence annuelle de recherche sur la région Moyen-Orien et Afrique du Nord (MENA), M. Azour a souligné que les économies de la région évoluent dans un contexte marqué par une succession de chocs, liés notamment aux tensions géopolitiques, à la volatilité des prix de l’énergie, aux perturbations des principales routes commerciales et au durcissement des conditions de financement à l’échelle mondiale.
Ces évolutions ont eu d’importantes répercussions humanitaires, politiques et macroéconomiques dans plusieurs pays de la région, constituant, selon lui, un choc d’offre majeur affectant les marchés de l’énergie, la sécurité alimentaire, les coûts de production ainsi que les chaînes de valeur, tandis que l’incertitude accrue et l’aversion au risque ont davantage limité les marges de manœuvre des politiques économiques.
Le responsable du FMI a relevé que ces chocs interviennent parallèlement à des transformations structurelles profondes, les économies de la région devant composer simultanément avec la fragmentation géoéconomique, la transition énergétique, les mutations technologiques, notamment l’intelligence artificielle, ainsi que la nécessité de créer suffisamment d’emplois pour une population active en forte croissance, dans un contexte où plusieurs pays restent confrontés à un endettement élevé.
Selon M. Azour, ces pressions redessinent en profondeur le paysage économique de la région, tout en offrant l’opportunité de repenser les modèles de croissance, de bâtir des économies plus robustes et plus inclusives et d’accélérer les transformations structurelles nécessaires à leur développement à long terme.
Il a, dans ce sens, indiqué que la principale question au cœur de cette conférence consiste à déterminer comment les pays de la région MENA peuvent gérer les chocs successifs à court terme tout en maintenant la dynamique des réformes structurelles sur le long terme, estimant que les travaux qui seront présentés au cours des deux journées de cette rencontre contribueront à alimenter cette réflexion.
Pour sa part, le vice-président exécutif et doyen de l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), Karim El Aynaoui, a indiqué que l’objectif est de “remettre la science au cœur des politiques publiques”, estimant que les travaux académiques doivent contribuer davantage à éclairer les choix des décideurs.
Il a, dans ce sens, plaidé pour un renforcement des liens entre le monde académique et les institutions publiques, relevant que les décideurs sont aujourd’hui confrontés à des défis de plus en plus complexes qui nécessitent des approches fondées sur la recherche, l’analyse et une meilleure compréhension des dimensions historiques, culturelles et politiques qui façonnent les économies.
M. El Aynaoui a par ailleurs estimé qu’il n’existe plus de modèle universel de développement, considérant que chaque pays est appelé à définir sa propre trajectoire à travers une interaction étroite entre les institutions, les chercheurs et les acteurs économiques.
Il a également insisté sur l’importance du capital humain, de la recherche scientifique et de l’innovation pour permettre aux pays à revenu intermédiaire, dont le Maroc, de gagner en productivité et de poursuivre leur développement.
Le doyen de l’UM6P a également relevé la nécessité d’améliorer l’accès aux données afin de favoriser la recherche, notant que les chercheurs doivent disposer des informations nécessaires pour produire des analyses susceptibles d’alimenter efficacement les politiques publiques.
Revenant sur le rôle de l’UM6P, M. El Aynaoui a expliqué que l’université ambitionne de bâtir une “infrastructure intellectuelle” à travers la formation, la recherche et le renforcement des compétences, aussi bien des étudiants que des professionnels, afin d’accompagner les transformations économiques et industrielles.
Il a, en outre, souligné que les pays à revenu intermédiaire et à faible revenu sont confrontés au défi de définir leurs propres stratégies de développement dans un contexte où les anciennes recettes ne constituent plus des réponses adaptées, estimant que les solutions doivent émerger des interactions entre les institutions, les chercheurs et les acteurs publics et privés plutôt que de modèles préétablis.
Cette conférence de recherche, organisée par le FMI et l’M6P, réunit durant deux jours des universitaires, chercheurs, responsables publics et experts internationaux autour des enjeux économiques auxquels fait face la région MENA dans un contexte mondial en profonde mutation.
Placée sous le thème “Repenser l’intégration de la région MENA dans un contexte international en mutation rapide”, la rencontre examine notamment les effets de la fragmentation géoéconomique, des transformations du commerce mondial et des avancées technologiques, en particulier l’intelligence artificielle, ainsi que le rôle des politiques monétaire, budgétaire et du marché du travail dans le renforcement de la stabilité macroéconomique et l’élaboration de politiques publiques fondées sur des données probantes.
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