Protection sociale : lancement du programme « Riaya » pour l’accompagnement des jeunes

Protection sociale : lancement du programme « Riaya » pour l’accompagnement des jeunes

Le programme national “Riaya” a été lancé, jeudi à Salé, avec pour but d’assurer l’accompagnement et l’insertion des enfants et des jeunes au terme de leur séjour dans des établissements de protection sociale à l’âge de 18 ans.

Lancé lors d’une rencontre organisée par le ministère de la Solidarité, de l’Insertion sociale et de la Famille, ce programme vise à offrir un soutien aux enfants et aux jeunes dans leur phase de transition vers une vie autonome, à travers un ensemble intégré de services comprenant un accompagnement psychologique et social, ainsi que des actions de formation et de suivi en vue de leur insertion professionnelle et sociale, notamment par l’élaboration d’un “projet de vie” propre à chaque enfant et jeune concerné.

Le programme “Riaya” s’inscrit dans les actions du ministère notamment en matière de contribution au renforcement des fondements de l’État social, conformément à la Vision de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.

S’exprimant à cette occasion, la ministre de la Solidarité, de l’Insertion sociale et de la Famille, Naïma Ben Yahia, a souligné que Sa Majesté le Roi accorde une attention particulière à la promotion de la condition de l’enfance et à sa protection, ajoutant que cette Orientation Royale vient renforcer l’engagement constant de Son Altesse Royale la Princesse Lalla Meryem en faveur de la protection et de la promotion des droits de l’enfant.

Ce programme s’inscrit dans un contexte national marqué par le lancement de plusieurs projets structurants visant à réduire les disparités sociales, à renforcer la résilience des familles et à développer des programmes de prévention des risques liés à l’enfance, a-t-elle fait remarquer, mettant en avant la dynamique territoriale importante portée par divers plans de développement territorial, notamment les programmes de nouvelle génération de développement territorial intégré (2026-2033).

La ministre a affirmé que le lancement du programme “Riaya” traduit une volonté collective de proposer une réponse nationale aux problématiques constatées et de mettre en place un cadre commun d’action en faveur des enfants et des jeunes, soulignant le rôle essentiel joué par les établissements de protection sociale dans l’accompagnement de la population cible.

Elle a précisé que le nombre de jeunes atteignant l’âge de 18 ans s’élève à 780 au sein des établissements de la protection sociale répartis sur neuf régions du Royaume, ajoutant qu’ils bénéficieront d’un ensemble de services axés sur l’accompagnement social et psychologique, afin de favoriser leur autonomie et leur insertion sociale et professionnelle après l’âge de 18 ans, ainsi que d’un appui institutionnel aux associations gestionnaires de ces établissements.

Pour sa part, le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Amine Tehraoui, a indiqué que son département s’est engagé dans de vastes chantiers de réforme en faveur des populations vulnérables, en particulier celui de la généralisation de la protection sociale, visant à améliorer l’accès aux services de santé et à consacrer les principes d’équité et de justice sociale.

Il a également rappelé la poursuite de la mise en oeuvre de programmes dédiés à la santé et au développement des enfants, des adolescents et des jeunes, afin de garantir le droit de chacun à la santé et au bien-être.

Le ministre a souligné que le développement de dispositifs de santé intersectoriels au profit des enfants et des jeunes à leur sortie des établissements de protection sociale revêt une importance particulière, dans la mesure où cette mesure renforce l’équité, garantit un accès précoce aux services essentiels et assure un accompagnement sanitaire durant cette phase délicate.

De son côté, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Azzeddine El Midaoui, a indiqué que l’adhésion du système de l’enseignement supérieur dans ce chantier se traduit par plusieurs leviers opérationnels, notamment la facilitation de l’accès de cette catégorie de jeunes à l’enseignement supérieur, à travers l’information, l’orientation et un accompagnement adapté, ainsi que la facilitation de leur intégration dans la vie universitaire et le renforcement de l’accompagnement social, psychologique et pédagogique au sein des établissements, afin de favoriser leur réussite et leur équilibre personnel.

“L’autonomisation de cette catégorie ne doit pas se limiter à un soutien conjoncturel ou à des interventions ponctuelles, mais s’inscrire dans une vision intégrée faisant de chaque enfant ou jeune non seulement un bénéficiaire des services de prise en charge, mais un acteur de son avenir, capable de construire un projet de vie clair, conformément à la philosophie du programme”, a-t-il estimé.

A cette occasion, le ministre a réaffirmé l’engagement de son département à contribuer activement et de manière responsable à la mise en œuvre de ce chantier national, en mobilisant les universités et les établissements d’enseignement supérieur pour assurer sa réussite.

Pour sa part, le ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, Younes Sekkouri, a indiqué que son département s’engage, dans le cadre de ce programme, à assurer l’accès aux dispositifs de formation professionnelle au profit de cette catégorie, notamment le programme de “formation par alternance”, permettant aux jeunes d’acquérir des compétences professionnelles de manière progressive et adaptée à leurs situations spécifiques.

Et d’ajouter que le ministère met également à leur disposition les différents programmes portés par l’Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences, en matière d’emploi salarié, d’accompagnement entrepreneurial et de stages d’insertion, afin de garantir une intégration durable de ces jeunes dans le tissu économique.

Cette rencontre, tenue en présence notamment du secrétaire d’État chargé de l’Insertion sociale, Abdeljebbar Rachidi, du Wali chargé de la Coordination Nationale de l’Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH), Mohammed Dardouri, a été marquée par la présentation d’un exposé sur le contexte national de lancement du programme, les problématiques des enfants et des jeunes en institutions de protection sociale à l’approche de leur majorité, ainsi que sur la population cible, les services proposés et les mécanismes de mise en œuvre.

À cette occasion, et en présence de représentants d’institutions nationales, de l’autorité judiciaire et d’organisations internationales, deux conventions-cadres ont été signées, l’une entre le ministère de la Solidarité, de l’Insertion sociale et de la Famille et les départements concernés ainsi que l’INDH, et l’autre entre le ministère, l’Entraide nationale et les associations actives dans ce domaine, en vue de la mise en œuvre du programme national “Riaya”.

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