OMS : le Maroc cité en exemple pour la modernisation de ses données de mortalité
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- 15 mai 2026 - 11:00 --
- Maroc
Le Maroc figure parmi de rares pays mis en avant pour les progrès réalisés dans la modernisation de leurs données de mortalité, dans un contexte mondial marqué par d’importantes lacunes, selon le rapport World Health Statistics 2026 publié par Organisation mondiale de la santé (OMS).
L’organisation souligne que des données complètes, fiables et disponibles rapidement sont essentielles pour suivre les tendances sanitaires, orienter les politiques publiques et anticiper les crises sanitaires, mais restent encore insuffisantes à l’échelle mondiale.
Malgré des améliorations, seuls 18 % des pays transmettent leurs données de mortalité dans un délai d’un an, tandis que 32 % n’ont jamais fourni de données sur les causes de décès. Sur environ 61 millions de décès enregistrés dans le monde en 2023, à peine 21 millions ont été notifiés à l’OMS avec une indication de cause, et seulement 12 millions disposent de données exploitables selon la classification internationale des maladies.
Au total, un tiers des pays répondent aux standards de qualité de l’OMS, tandis qu’environ la moitié présentent des données faibles, très limitées ou inexistantes, avec des écarts particulièrement marqués dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.
Dans ce contexte, l’expérience du Maroc est présentée comme un exemple de progrès tangible. Le Royaume a profondément transformé son système de statistiques vitales en passant d’un modèle centralisé, couvrant environ 30 % de la population et produisant de nombreuses causes de décès mal définies, à une plateforme numérique décentralisée alignée sur les standards internationaux.
Développée par le ministère de la Santé et de la Protection sociale en partenariat avec le ministère de l’Intérieur et avec le soutien de l’initiative Bloomberg Philanthropies Data for Health, cette solution permet une saisie en ligne des certificats, un codage automatisé des causes de décès et des contrôles de qualité en temps réel.
Selon l’OMS, cette transformation a permis d’augmenter sensiblement la couverture de la population et le nombre de certificats traités, tout en réduisant la part des causes mal identifiées. L’intégration d’outils recommandés par l’Organisation a également renforcé la qualité des données et leur utilisation dans l’élaboration des politiques publiques.
Alors que de nombreux pays peinent encore à produire des statistiques fiables, l’OMS souligne que les investissements dans la digitalisation, le renforcement des capacités et l’adoption de standards internationaux permettent des progrès mesurables, y compris dans des contextes contraints.
Selon le rapport, le Maroc envisage désormais une nouvelle étape avec l’adoption de la classification ICD-11, afin d’améliorer encore la comparabilité et l’interopérabilité de ses données à l’échelle internationale.
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