Mezzour : “Les plateformes logistiques et industrielles, leviers de souveraineté économique”
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- 20 mai 2026 - 19:30 --
- Maroc
Les plateformes logistiques, industrielles et financières constituent désormais les principaux leviers de création de valeur et de souveraineté économique, compte tenu d’un contexte mondial marqué par l’incertitude et les tensions géoéconomiques, a souligné, mercredi à Rabat, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour.
Intervenant à l’ouverture de l’édition 2026 de la Global Growth Conference (GGC), placée sous le thème “Structurer la croissance, transformer l’incertitude en opportunité”, M. Mezzour a indiqué que le Maroc dispose d’un socle de valeurs “humanistes, solidaires et équilibrées”, lui permettant de poursuivre des ambitions industrielles de grande envergure malgré les mutations mondiales.
Le ministre a, dans ce sens, mis en avant les avancées significatives réalisées par le Maroc, sous l’impulsion de SM le Roi Mohammed VI, dans l’industrie aéronautique. Il a rappelé qu’il y a quelques années encore, de nombreux experts internationaux considéraient que le Royaume avait atteint les limites de son développement dans ce domaine, alors que le Maroc franchit aujourd’hui un nouveau palier en s’orientant vers des projets industriels à forte valeur technologique, notamment dans la fabrication de composants destinés aux réacteurs des avions commerciaux.
M. Mezzour a également insisté sur le rôle central des infrastructures logistiques dans les trajectoires de développement, citant le port Tanger Med, devenu, selon lui, “le plus grand port de la Méditerranée”, ainsi que le futur port Nador West Med, appelé à renforcer davantage le positionnement du Royaume comme hub régional des échanges internationaux.
Pour sa part, le directeur général de la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG), Khalid Safir, a estimé que le principal défi auquel font face les économies africaines réside désormais moins dans la mobilisation des capitaux que dans leur orientation vers des projets structurants et productifs.
En Afrique, la souveraineté financière passe par une meilleure mobilisation de l’épargne domestique, portée notamment par les investisseurs institutionnels, les systèmes de retraite et les compagnies d’assurance, a noté M. Safir, relevant qu’une part importante de cette épargne demeure encore insuffisamment orientée vers l’économie réelle.
D’après lui, les transformations économiques durables nécessitent des architectures financières et institutionnelles capables de canaliser les flux financiers vers des infrastructures stratégiques, des chaînes de valeur régionales et des plateformes d’investissement panafricaines.
En outre, M. Safir a considéré que la mobilisation stratégique du capital domestique suppose des cadres réglementaires stables, des instruments financiers adaptés, des mécanismes de partage des risques et des projets suffisamment structurés pour répondre aux exigences des investisseurs institutionnels de long terme.
Il mis en avant l’expérience marocaine en matière de structuration financière, notamment à travers le développement de véhicules innovants tels que les Organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM), les Organismes de placement collectif immobilier (OPCI), les obligations vertes et le Fonds Mohammed VI pour l’Investissement, affirmant que le Royaume a progressivement construit un écosystème favorable à l’investissement de long terme.
Organisée à l’initiative de l’Institut Amadeus, la GGC 2026 réunit plus de 1.500 participants représentant une large diversité de disciplines et de délégations et s’articule autour de thématiques telles que la souveraineté économique, la réindustrialisation, la finance productive, le numérique et l’intelligence artificielle. Ses travaux visent à enrichir et consolider la Feuille de Route de Rabat adoptée lors de l’édition 2025, en lui donnant une dimension plus opérationnelle.
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