Bouayach : le CNDH adapte l’observation des élections à l’ère numérique
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- 23 mai 2026 - 11:00 --
- Maroc
Le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) a engagé une réflexion approfondie afin d’adapter les méthodes d’observation des élections aux nouvelles réalités imposées par les transformations numériques et l’Intelligence artificielle (IA), a affirmé, vendredi à Marrakech, la présidente de cette instance nationale, Amina Bouayach.
Les élections législatives prévues en septembre 2026 représenteront une nouvelle opportunité pour renforcer ces mécanismes d’observation, développer les outils de vérification et consolider les capacités des observateurs dans l’analyse des données numériques et l’identification précoce des risques, a relevé Mme Bouayach, lors de l’ouverture des travaux de la 10e Conférence internationale sur les droits de l’Homme et les lois électorales.
Et de souligner que le véritable enjeu demeure la capacité collective à encadrer les transformations technologiques dans une perspective fondée sur les droits de l’Homme, afin de garantir que la liberté, la transparence, la responsabilité et la dignité humaine restent au cœur de l’action démocratique, y compris dans l’univers numérique et à l’ère de l’IA.
Dans ce contexte, Mme Bouayach a fait remarquer que les acteurs des droits de l’Homme sont appelés à repenser les mécanismes de protection de la participation politique libre et éclairée, d’autant plus que le principal défi réside dans la capacité à préserver l’autonomie du citoyen dans un environnement numérique dominé par des systèmes algorithmiques complexes et opaques, souvent conçus pour privilégier l’émotion, et par la simplification excessive des débats publics au détriment de la réflexion rationnelle et du pluralisme démocratique.
Tout en relevant que les transformations technologiques accélérées imposent désormais de nouveaux défis aux institutions chargées de garantir l’intégrité des processus électoraux et la protection des droits de l’Homme, elle a assuré que le CNDH poursuivra ces efforts lors des élections législatives de septembre 2026, afin d’améliorer les mécanismes d’observation, de développer les outils de vérification et de renforcer les capacités des observateurs.
Et de conclure que la transformation numérique et l’IA peuvent constituer un véritable levier de progrès humain, à condition qu’elles soient encadrées par un système de valeurs clair garantissant la protection des droits, depuis la conception des systèmes et des algorithmes, en passant par leur développement et leur utilisation, jusqu’à l’évaluation de leurs impacts sociaux et sur les droits humains.
De son côté, Antonio Sorela, président de la Academia Lider en Formacion Avanzada (ALFA), a indiqué que cette rencontre représente une occasion unique de partager les expériences et les bonnes pratiques entre les pays d’Amérique latine, d’Europe et d’Afrique, et plus particulièrement le Maroc.
Selon lui, ces nouvelles technologies peuvent aider à construire une démocratie plus authentique, réelle et inclusive, respectueuse de toutes les religions et de toutes les identités, appelant à réfléchir ensemble, lors de ces deux jours de travaux, aux moyens d’utiliser l’IA et les outils numériques pour renforcer les droits électoraux, tout en veillant à ce que cette transformation serve une justice et une participation sans discrimination, en particulier sur le continent africain.
Organisée pour la première fois au Maroc à l’initiative du CNDH, en partenariat avec l’ALFA, cette rencontre réunit des magistrats de plusieurs pays, des experts, des responsables et représentants d’institutions nationales, d’instances électorales et d’organisations internationales et régionales, ainsi que des universitaires, chercheurs et acteurs œuvrant dans les domaines des droits de l’Homme, du numérique, de l’IA et des élections.
Cette conférence vise à poursuivre le renforcement d’un débat multidimensionnel autour des transformations que connaît le champ électoral à la lumière du développement accéléré des technologies numériques et de l’IA, tout en explorant les défis et enjeux liés à la protection des droits et libertés ainsi qu’à la garantie de l’intégrité et de la transparence des processus électoraux dans l’environnement numérique.
La conférence ambitionne également d’examiner les moyens d’adapter les systèmes juridiques et institutionnels aux mutations numériques, de manière à garantir la protection des données personnelles, la lutte contre la désinformation et les discours de haine, et à assurer un usage responsable et éthique de l’IA dans les processus électoraux, dans le respect des normes internationales des droits de l’Homme.
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