Moyen-Orient : un cessez-le-feu déjà fragilisé au cœur des pourparlers américano-iraniens

Moyen-Orient : un cessez-le-feu déjà fragilisé au cœur des pourparlers américano-iraniens

Les Etats-Unis et l’Iran ont entamé dimanche en Suisse une nouvelle phase de négociations destinée à consolider le protocole d’accord conclu cette semaine pour mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient.

Les discussions se déroulent à Bürgenstock, dans les Alpes suisses, dans un contexte marqué par la persistance des tensions au Liban et par de nouvelles frictions autour du détroit d’Ormuz.

La délégation américaine est conduite par le vice-président JD Vance, arrivé samedi en Suisse. Avant son départ de Washington, il a indiqué espérer des avancées sur deux dossiers prioritaires : le programme nucléaire iranien et le cessez-le-feu au Liban.

«J’espère que nous progresserons sur le dossier nucléaire ainsi que sur la question du cessez-le-feu au Liban», a-t-il déclaré.

Les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner participent également aux discussions.

Côté iranien, la délégation est menée par le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf. Le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, et le gouverneur de la Banque centrale, Abdolnaser Hemmati, figurent aussi parmi les représentants de Téhéran.

Si le dossier nucléaire demeure officiellement au cœur des pourparlers, l’Iran a clairement indiqué que la situation au Liban constituerait le principal sujet des échanges.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a accusé Israël de poursuivre ses opérations militaires malgré les engagements pris dans le cadre du protocole d’accord.

Il a également annoncé que la question des avoirs iraniens gelés ainsi que celle des exportations pétrolières seraient abordées.

Les négociations interviennent quatre jours après la signature d’un accord-cadre censé mettre un terme aux affrontements déclenchés par les frappes israélo-américaines contre l’Iran le 28 février dernier.

Toutefois, le cessez-le-feu apparaît déjà fragilisé. Samedi encore, des frappes israéliennes ont fait au moins 30 morts dans l’est et le sud du Liban, avant une accalmie observée en fin de journée.

Téhéran a averti que le protocole pourrait être compromis si ses dispositions n’étaient pas rapidement appliquées. Le conseiller militaire du guide suprême iranien, Mohsen Rezaei, a lui aussi appelé à la prudence, estimant qu’il était prématuré d’afficher un optimisme excessif.

Autre sujet de préoccupation : le détroit d’Ormuz. L’Iran a annoncé une nouvelle fermeture de cette voie maritime stratégique, invoquant le non-respect des engagements pris par ses adversaires.

Cette décision ravive les inquiétudes sur les marchés énergétiques mondiaux. Avant le conflit, près de 20% des hydrocarbures mondiaux transitaient par ce passage maritime.

Le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a toutefois assuré que la navigation commerciale se poursuivait sous surveillance renforcée.

Le Pakistan et le Qatar, qui jouent un rôle de médiateurs, participent également aux discussions. Islamabad a indiqué que des négociations techniques devaient débuter dès dimanche.

Les pourparlers sont prévus pour une durée initiale de 60 jours renouvelables et doivent, à terme, déboucher sur un accord global de paix.

Leur issue sera déterminante pour la stabilité régionale et pour l’évolution des marchés énergétiques internationaux.

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